Étudiants | ce qu'on apprend en voyageant

« N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît» Henry de Monfreid.

De plus en plus d’étudiants français partent à la conquête de nouveaux horizons en passant plusieurs mois de leur scolarité à l’étranger. Qu’il s’agisse d’un échange universitaire, d’un stage ou d’un VIE (Volontariat International en Entreprise), les retours sont unanimes : l’étranger nous change en profondeur.

Etudiante en école de commerce à Lille, j’ai moi-même eu la chance d’étudier par deux fois dans un pays qui n’était pas le mien, d’aller à la rencontre de personnes avec qui je ne partageais ni la langue, ni la culture, ni le quotidien. Et je me demande aujourd’hui, deux semaines avant de m’envoler pour Berlin pour une nouvelle aventure et sans parler un mot d’allemand, ce qui nous pousse, nous étudiants à partir et surtout, ce qu’on en retient.

"Je me vois difficilement commencer ma vie active en France, non que je n’aime pas mon pays, mais par désir d’en voir plus. Mais alors pourquoi ?"


Voyage 1



La richesse des voyages de longue durée s’explique car elle nous permet d’en savoir davantage sur nous-mêmes, mais également sur les situations auxquelles nous sommes confrontés et enfin sur les autres. L’étranger fait naître ou renaître en nous une soif d’aventures, un désir de voyages, une envie de découvertes. Cela nous permet aussi de prendre du recul sur notre vie et les choix que nous faisons au quotidien : l’introspection est souvent au centre de ces jolies parenthèses. Les séjours internationaux s’effectuent au cœur des études alors que nous devons commencer à décider ce que nous allons faire de notre vie d’adulte. Je pense qu’être éloignés de nos proches et de l’environnement rassurant que nous connaissons depuis toujours nous incite à cette réflexion nécessaire.

L’apprentissage des langues est également un facteur clé qui ressort largement lorsque j’aborde le sujet avec mes amis, étudiants comme moi à l’IÉSEG School of Management. En effet, Charlotte, 21 ans, qui a passé un an en Lituanie et un semestre à Milan, retient une « habileté à jongler entre plusieurs langues ». Pour Noémie, 23 ans, passionnée par l’Amérique latine (un an au Pérou et un semestre en Colombie), c’est « un plaisir personnel de lire et s'exprimer dans une autre langue », le sentiment que peu importe les différences qui subsistent entre elle et les autres, la communication sera toujours possible et efficace. Marion, 22 ans dont un an passé en Chine, s’est quant à elle « [sentie] moins contrainte à rentrer dans un moule qu'en France, plus aventurière et moins « râleuse » sur les petits loupés du quotidien ».

"L’expérience à l’étranger permet de sortir de sa zone de confort, de prendre des risques et de faire croître son autonomie tout en découvrant constamment une culture qui n’est pas la nôtre."



Il est nécessaire de désapprendre certains de nos réflexes français et en acquérir de nouveaux. Il est important de s’adapter. Une fois plongé dans le monde du travail, tu réalises la force acquise durant ces longs voyages : tu es désormais capable de mieux t’adapter aux situations et de travailler dans un environnement multiculturel.


Voyage 2



Comme le précisait Marion, la vie à l’internationale permet d’être « moins râleur», de s’éloigner des petits problèmes du quotidien qui, en France, nous paraissent insurmontables. Cela laisse donc chacun profiter davantage de la vie, de relativiser et de gagner en maturité. Clémentine, 22 ans, a su s’adapter à ses nouveaux environnements en vivant au Kazakhstan, avec moi, et en Inde. Cette vie loin de chez elle, en banlieue parisienne, lui a permis de prendre du recul sur elle mais également « sur son pays, son système et sa culture ». La situation dans laquelle elle s’est trouvée a également conduit Noémie à changer de projet professionnel. Après avoir vécu à Bogota où elle a donné des cours dans un bidonville, animé par une pauvreté extrême, elle ne se voit plus désormais travailler dans un bureau toute sa vie.

L’étranger nous pousse à désirer des changements réguliers, ne plus travailler dans le même cadre toute notre vie, et à vouloir façonner notre avenir en fonction des différentes cultures et langues auxquelles nous avons été confrontés.



Enfin, une expérience à l’étranger nous permet d’en apprendre davantage sur les autres. Pour tous, plus d’ouverture d’esprit et de tolérance ; moins de clichés et moins de peur de celui qui n’est pas comme nous. En rentrant en France, Noémie sait faire attention mais sait aussi vivre, pleinement, sa vie de jeune adulte. Et ça, alors qu’un bilan sur la bien triste année 2015 s’impose, c’est une force à conserver, une force à partager. Car l’ennemi ce n’est pas l’autre et les voyages peuvent en faire changer d’avis plus d’un. La vie n’est finalement pas si différente ailleurs qu’ici. Le dépaysement existe mais nous avons plus de similitudes que nous le pensons avec un habitant du Kazakhstan, de la Colombie ou de la Lituanie.


Voyage 3



Tout ne s’apprend pas dans les livres. Tout ne s’apprend pas à l’école. Voyager et vivre suffisamment longtemps dans un pays pour en comprendre les codes est une expérience que je recommande à chacun qui en a la capacité. Profitons de notre jeunesse, de l’absence de contraintes majeures de notre génération, pour s’ouvrir l’esprit et partir vivre ailleurs.

Une expérience étudiante à l’étranger c’est partir loin pour se découvrir soi, c’est partir ailleurs pour prendre du recul sur les situations du quotidien, c’est partir seul pour réaliser que nous avons beaucoup à apprendre sur notre relation aux autres.



Rédigé par Sarah Gillot
Master Marketing @ IESEG
Etudiante Crème de la Crème