Les assos | un réseau au cœur des grandes écoles

Rédigé par Hana YAHIAOUI, 20 ans, étudiante en première année à l'EDHEC


Les associations étudiantes font partie intégrante du paysage des grandes écoles et des universités. Elles se sont vraiment enrichies et diversifiées au point de parfois supplanter le Bureau des Etudiants (BDE), qui fait figure de pionnier dans l’organisation de la vie étudiante. On recense ainsi près de 10 000 associations étudiantes en France avec des domaines d’exercice divers comme l’humanitaire, la culture, les sports, ou encore l’économie. Un nouvel étudiant du supérieur n’aura donc que l’embarras du choix pour entrer dans l’association qui lui plaît le plus ; mais il aura aussi le choix de créer sa propre association s’il a un projet précis : une liberté d’action qui n’est pas sans rappeler la dimension professionnelle des associations, qui s’apparentent souvent à une microsociété où les informations circulent entre les membres.

Charlotte, une étudiante en quatrième année à l’EDHEC :

« Intégrer une association, c'est intégrer un réseau, réseau qui peut se révéler très utile pour sa carrière professionnelle : recevoir des conseils d'anciens, obtenir des informations sur une entreprise et bien d'autres. »


Agora L'Agora, tribune de l’EDHEC


Les associations étudiantes présentent en effet comme premier intérêt de faire découvrir le fonctionnement de l’entreprise. Elles comportent généralement un bureau, composé d’un président, d’un vice-président, d’un trésorier et d’un secrétaire général. Pour les membres du bureau, il s’agit d’une opportunité unique de se former au management d’équipes et d’aiguiser leur leadership. Ensuite, une association exige un investissement sur la durée qui permet à ses membres d’apprendre les méthodes de base de la communication, de la gestion financière, ou encore du démarchage.

« Autant de compétences valorisantes auprès des futurs recruteurs »


« En particulier, présider une association, c'est développer des compétences et des savoir-faire que l'on retrouve dans le monde professionnel. Notamment, des capacités organisationnelles, de planning et de présentation des idées et/ou de dossiers pour convaincre. C'est pourquoi il ne faut pas hésiter à mentionner cette expérience professionnalisante lors d'entretiens. J'ai d’ailleurs trouvé la première partie de ma césure grâce à un partenaire avec qui j'avais travaillé pendant plus d'un an au sein de mon association. » confirme Charlotte, ex-présidente du BDS.

Mais une association est surtout l’occasion pour les étudiants de donner vie à leurs centres d’intérêt en portant un projet tout au long de l’année. C’est ainsi l’occasion pour les étudiants de consacrer leur temps et leur énergie à une activité non-scolaire où ils sont plus susceptibles de laisser libre cours à leur créativité et leur imagination. Qu’il s’agisse d’organiser un voyage humanitaire, de monter une pièce de théâtre, ou d’organiser une course de récolte de fonds à visée sociale, ces projets reflètent avant tout l’envie et la motivation des étudiants qui doivent fournir un travail régulier afin de les développer.


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Les listes sont un système de campagne permettant d’élire démocratiquement l’équipe d’une association – généralement le BDE – qui sont très présentes dans la plupart des grandes écoles. Raphaël, un étudiant en première année à Mines ParisTech, précise sa responsabilité de Président de liste BDE: « En janvier on a organisé beaucoup de réunions, pour définir les postes et les rôles de chacun, ce qui nous a pris beaucoup de temps ; on a aussi commencé le démarchage : j’ai passé plusieurs après-midis et matinées à faire du porte à porte dans les rues de Paris pour demander du sponsoring aux petits commerces, ou encore à téléphoner aux sièges de grandes entreprises pour leur demander un soutien financier. »

Si le rythme pour ces campagnes peut s’avérer harassant, c’est surtout l’occasion pour les étudiants de vivre ensemble une aventure mémorable : « Je suis avec tous mes meilleurs amis dans la liste, et le but principal c’est quand même d’en profiter et de garder de super souvenirs. C’est pour ça qu’on se donne autant de mal à préparer une belle campagne. »

Un défi central des associations est aussi lié à la communication : comment parvenir à faire parler de soi et à exister en-dehors du cadre de sa propre école ? Dans cette problématique, les réseaux sociaux sont un relais de communication idéal : ils permettent en effet une autonomie et une rapidité d’exécution qui n’est pas toujours garantie avec les supports traditionnels tels que la presse.


« Lorsque les associations parviennent à gagner une renommée plus large, c’est le signe que leur projet a réussi à être fédérateur »


Si certaines associations peuvent se reposer en partie sur les subventions de leur école, celles-ci sont souvent insuffisantes pour assurer la viabilité au long-cours de l’association. D’où l’importance des concours lancés en partenariat avec de grands groupes ou des banques pour les aider dans leur financement : concours de projet d’Ernst&Young, Bourse Total, etc. La recherche de partenaires privés ou de donataires est également un levier de financement privilégié.


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Les étudiants qui désirent un engagement plus total encore peuvent toujours créer leur propre association à partir d’une idée originale. Julie, étudiante en première année à Mines ParisTech, explique le début de son aventure associative : « L'idée m'est venue grâce à des connaissances qui m'ont fait partager leur expérience des conférences MUN [Model United Nation], et j'ai tout simplement été emballée par le projet. J’ai trouvé que ce sujet serait parfait dans le cadre d'un cours de l'école des Mines (Acte d'Entreprendre), et c'est ainsi qu'est né MUN PSL [Paris Sciences & Lettres] ».

Les écoles sont réceptives à ce type de démarche et supportent généralement les concepts d’associations les plus intéressants. Pour l’étudiant, c’est toute une pensée entrepreneuriale qu’il doit mettre en place : d’abord, affiner son projet, définir des objectifs et des priorités, puis convaincre d’autres personnes de s’y joindre, créer un logo, trouver un nom, enfin créer les évènements et organiser leur communication.

L’étudiant qui se lance dans ce genre d’aventure doit faire généralement preuve d’une grande capacité d’autonomie, d’initiative, et d’organisation. Cependant, il y a là aussi des écueils possibles : un projet mal défini ou peu visible peut tout simplement conduire à la fin de l’association. Cependant, beaucoup de nouvelles associations essaiment dans les écoles supérieures ou les universités, ce qui témoigne bien du dynamisme de la communauté étudiante et de sa capacité de réussite.



Rédigé par Hana YAHIAOUI
Bachelor @ EDHEC