W Project | Rencontre avec les entrepreneurs du monde entier

Rédigé par Louisa Mesnard, 24 ans, étudiante à l'ESSCA et cofondatrice de Citron



Lors d’une année d’étude et de stage en Chine, j’ai pris conscience qu’il ne me restait plus qu’un an à l’ESSCA avant de “rentrer dans la vie active”. J’ai 21 ans et je réalise que je ne suis pas prête à entrer sur le marché du travail - pas tout de suite - et surtout, que j'ai envie de continuer à voyager ! Sûrement mon côté Irlandais.

Après une recherche Google : “tour du monde entrepreneurs”, je prends contact avec chacun des trois premières pages de résultats. Véritable coup de chance, quelques mois plus tard, je rejoins le W Project, le webmédia des entrepreneurs français de l’étranger. Pendant un an, une ou plusieurs équipes traversent le monde à la rencontre des entrepreneurs français de l’étranger et partagent l’ensemble de leurs enseignements sous forme de portraits vidéos d’entrepreneurs, de fiches pays et des reportages pays sur les écosystèmes entrepreneuriaux locaux.

Je passe les six mois suivants à travailler avec Edgar Roussille et Johann Roussillon, deux inconnus à l’époque mais qui partageaient la même envie, pour créer une identité visuelle, définir notre projet, trouver des sponsors et préparer notre tour du monde. Nous étions la 2ème édition du W Project. Janvier 2014 : début de l’aventure, je pars en tour du monde avec deux pépites, Edgar & Johann !



WProject


Pendant un an, nous avons rencontré des centaines d'entrepreneurs français spécialisés dans l’économie créative dans 15 pays différents de la Suède au Vietnam, du Brésil à l'Australie. Notre grande surprise a été de découvrir que la réalité sur le terrain est à contresens de ce qui s’entend dans les médias :


« Les entrepreneurs français de l’étranger ne renient pas la France ! »


Ils sont de réels ambassadeurs, ils participent directement au rayonnement de notre beau pays. On a eu la chance de rencontrer des personnes extraordinaires - que ce soit les entrepreneurs français à l’étranger, les voyageurs, la délégation française du G20 à Sydney, nos hôtes, les couchsurfeurs etc ! On a eu un accueil extraordinaire : les entrepreneurs étaient ravis qu’on s’adresse à eux à travers un message d’optimisme.

Ce fût un vrai déclic pour moi. J’ai découvert une telle passion de la part des entrepreneurs, elle se lisait dans leurs yeux. Ils m’ont donné envie de faire de même. Je voulais dans un premier temps découvrir l’écosystème français (après en avoir analysé une dizaine d’écosystèmes locaux) puis entreprendre (enfin) ! Vous trouverez ici un exemple de reportage en Australie :


L'Australie c'est bien aussie ! - Reportage... par w-project

De retour en France, j’ai continué à rencontrer plein de monde à travers mon engagement associatif (avec le Mash-Up et Women Up - La Fusée) ainsi que la rédaction d’articles (sur le Websummit par exemple). Aujourd’hui, je suis aussi engagée dans des associations où je peux avoir un impact sur une valeur en laquelle je crois. Je suis COO de StartHer, une nouvelle entité qui cherche à favoriser la mixité en mettant en avant des femmes inspirantes dans la tech.

Je suis aussi impliquée au sein de Textfugees, un service de SMS qui pourraient résoudre l'un des principaux problèmes de la crise des réfugiés. Je suis arrivée en tant que bénévole au hackathon Techfugees en Février dernier, ou j’ai fini par pitcher le projet le dimanche soir et on a remporté le hackathon. On a passé le week-end à échanger sur des solutions pour utiliser la technologie au service des réfugiés et aujourd’hui, on travaille sur son lancement. D’ailleurs, je suis persuadée que la clé, c’est de la chance mais aussi de la curiosité et l’opportunisme. Je suis en permanence à l'affut de nouveaux projets.




WProject


J'ai rapidement pris conscience que je voulais me lancer dans l’aventure entrepreneuriale. J’avais besoin de challenge, quitte à vivre les montagnes russes mais il me manquait encore une expérience pratique. C’est pourquoi j’ai intégré le master HEC Entrepreneurs, qui est concentré sur l’apprentissage par la pratique. HEC Entrepreneurs c’est un programme unique qui réunit des ingénieurs, des profils business, des pharmaciens et même des psychologues pour qu’ils créent des boîtes ensemble !

Pendant l’année, j'ai pris part à plusieurs projets pour finalement choisir celui qui me plaisait le plus. Selon les entrepreneurs rencontrés pendant le W Project, il y a deux éléments clés avant de se lancer : le timing et l’équipe. J’ai la chance d’être encore étudiante donc je peux me permettre de faire des erreurs et de “prendre mon temps” - pendant quelques temps. Au sein du master HEC Entrepreneurs, j’ai rencontré Julien Dauger et Robin Derrida, mes deux associés. Ils sont créatifs, ingénieux, attachants et même parfois « perchés » alors que je suis beaucoup plus commerciale, organisée et « réseau » ! On lance Citron.




Citron


L’idée derrière Citron est basée sur un problème qu’on rencontre régulièrement dans la vie courante : on se retrouve trop souvent dans des endroits qu’on ne connaît pas et impossible de trouver un lieu – que ce soit un bar, un restaurant mais aussi un endroit ou lire par exemple – qui aurait pu être recommandé par des amis. Dans ce type de situation, le réflexe c’est de regarder sur Google, TripAdvisor ou Yelp mais on tombe sur des avis d’inconnus, pas évident de leur faire confiance. C’était le cas pendant le tour du monde des entrepreneurs français de l’étranger :


« Je passais mon temps à demander à des proches des recommandations de lieux ou dormir, faire la fête et manger. »


Citron c’est la solution pour trouver un lieu qui te ressemble. L’application mobile te permet de trouver ce lieu sur une carte qui va te plaire grâce à des amis que tu suis et du “profiling” en fonction des réseaux sociaux. Tu pourras aussi créer tes propres cartes en fonction de tes lieux préférés etc. On est encore au tout début de l’aventure mais notre vision long terme, c’est d’être l’outil de référence dans la recherche de lieu à travers des cartes. D’ailleurs, on vient de lancer la webapp en version bêta donc si ça te tente, envoie nous un petit message à l’adresse coucou@citron.paris

Entreprendre à 24 ans c’est un objectif de vie mais aussi presque une obligation quand on veut avoir un réel impact sur le monde qui nous entoure. C’est un pari sur le futur, on montre qu’on croit en un monde meilleur et qu’on a envie d’y contribuer. Pendant le W Project, en Israel, on nous répétait qu’on réussit sa 3ème, voire 4ème startup donc autant commencer tôt ! C’est pas facile tous les jours mais l’aventure entrepreneuriale c’est un équilibre à trouver entre ces envies, les risques encourus et le potentiel du marché, de l’équipe, etc mais surtout c’est une liberté extraordinaire et un apprentissage permanent. On part de rien donc c’est à nous de tout construire ! À 24 ans, on a peu d’expérience donc il faut aussi savoir s’entourer de mentors solides. On a la chance d’avoir des mentors solides qui nous rappellent de nous concentrer sur la croissance et d’être accompagné par 50 Partners et l’incubateur HEC (merci Antoine Lepretre) qui croient en notre ambition, notre vision, notre volonté et notre passion.

Un dernier bon conseil qu’on m’a donné ?

L’entrepreneuriat c’est comme le surf : il faut savoir prendre la vague au bon moment, toujours être alerte pour ne pas tomber à l’eau tout en ayant un océan d’opportunités. Alors qu'est ce que tu attends ? Ose !

Rédigé par Louisa Mesnard
Citron
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