Crisp | Baptiste, École 42, 22 ans

Chez Crème de la Crème, on supporte le statut auto-entrepreneur depuis le début. On aime bien les étudiants talentueux et encore plus ceux qui se lancent dans l'aventure entrepreneuriale. Cette fois-ci, c'est Baptiste, 22 ans, étudiant à 42, qui nous parle de son app Crisp !


logo



Je m'appelle Baptiste, j'ai tout juste 22 ans et je suis co-fondateur de Crisp. Je suis également étudiant à 42. Car oui, on peut entreprendre tout en apprenant !

L'entrepreunariat m'est tombé dessus assez naturellement, tout est venu avec ma passion pour le dev et le mindset des hackers !

On a eu la chance à la maison d'être équipés assez tôt en informatique. J'ai donc fait mes premiers pas à 5 ans sur un bon vieux Windows 3.1, sur lequel il fallait booter depuis DOS. À l'âge de 7 ans, j'ai fini par démonter le magnéto des parents : je voulais regarder une VHS, et il était en rade. Deux coups de tourne-visse, du produit à vitres sur les têtes de lecture et c'était parti !

C'est ainsi que je suis tombé dans la marmite du dev vers 12 ans : j'ai fini par rejoindre quelques projets de jeux vidéo indés et un moteur de jeux vidéos open-source. Ça m'a fait rencontrer un paquet de monde ! On était une équipe d'une demie-douzaine de développeurs, tous ados, des français, belges, québecois, et on maintenait un projet utilisé par à peu près 4000 personnes. Aujourd'hui, pas mal de ces gars sont entrepreneurs ou développeurs, dont certains dans des boites telles que Google.




benjamin



C'était un écosystème virtuel exceptionnel et complètement artisanal. GitHub à l'époque n'existait pas et on débutait tous, mais ça avait le mérite de plutôt bien fonctionner. Ça m'a surtout permis de mettre le pied à l'étrier. Gérer de tels projets quand on est ado permet d'apprendre une quantité de connaissances impressionnantes et d'acquérir des réflexes qui me sont aujourd'hui très utiles en temps qu'entrepreneur et développeur.

Question études, j'ai commencé par un Bac S, qui ne me plaisait vraiment pas, et j'ai finalement switché pour un Bac STI Électronique. À quelques mois du BAC, mon établissement m'a temporairement renvoyé après qu'ils aient découvert qu'avec un ami nous avions un contrôle complet sur leur réseau.

C'est là que j'ai pris un chemin plus conventionnel, un DUT en Réseaux et Télécommunications en Bretagne à Lannion. Développer s'apprend sur internet alors que le réseau nécessite beaucoup de matériel, et c'est ce qui a motivé mon choix. Ça a été une expérience incroyable, avec des gens vraiment cools, que ce soit les étudiants comme les profs.




crisp



C'est là aussi où j'ai découvert l'entrepreneuriat et, à 18 ans, j'ai sorti mon premier projet Randomail: un système de messagerie jetable qui a eu un bon succès auprès de plus de 20 000 utilisateurs. S'en sont suivis plusieurs projets ratés et un peu de presta en tant qu'auto-entrepreneur.

J'ai donc fini par rejoindre une école d'ingénieur en informatique (ENSSAT) en alternance chez Orange. J'étais développeur dans un département de relation client. J'ai fini par arrêter le cursus au bout d'un an. L'école d'ingé ne me plaisait pas du tout, le concept n'était absolument pas fait pour moi et j'ai surtout eu la sensation d'y perdre mon temps et mon mindset.

Mais j'ai tiré des atouts importants de cette expérience puisque j'y ai rencontré Valérian, mon co-fondateur (CTO de Crisp), qui est le dev le plus doué que j'ai rencontré ! Imagine un mec qui, à 16 ans, avait son article dans Le Monde et produisait un projet open-source de messaging utilisé par des dizaines milliers d'utlisateurs (dont le CERN et CNRS. Ce qui est drôle avec Valérian, c'est que je peux me réveiller, me connecter sur Crisp, et un tas d'améliorations sont apparues. C'est à ça qu'on reconnaît un bon co-fondateur !




crisp



De son expérience de développement dans le messaging et de mon passé en relation-client, nous sommes partis d'un constat évident que les entrepreneurs, startups et plus largement les petites entreprises avaient des besoins radicalement différents des autres. Ils sont plus petits, ils ont besoin de focus, et sont dans un marché où la concurrence est rude. C'est pour ça qu'aujourd'hui, dans ce genre de structure, avoir une bonne relation avec ses clients est primordial.

C'est de là qu'est parti Crisp, un système de messagerie qui permet aux entreprises de discuter avec leurs clients de manière radicalement différente des autres. C'est pixel-perfect, d'une extrême simplicité où chaque fonctionnalité est développée et refaite jusqu'à ce qu'elle soit parfaite. Quand tu es fondateur ou employé d'une entreprise, tu passes beaucoup de temps sur ce genre d'outils et il est important que ça soit très agréable d'utilisation pour eux.

Après deux mois de design et quelques semaines de code, nous avions notre première version de Crisp. C'est là que mon meilleur ami m'a appelé. "Je peux m'inscrire ?". Nous avons fini par faire sauter le verrou sur la page d'accueil pour qu'il puisse s'inscrire. Le lendemain, à notre grande surprise, une vingtaine d'entreprises étaient sur notre service. Mon pote leur avait envoyé un message assez agressif en leur expliquant qu'il était primordial pour eux d'avoir un service client et qu'ils devaient nous utiliser : après tout on était de petits jeunes français et c'était gratuit !



crisp



De ces premiers utilisateurs, nous avons collecté une tonne de feedbacks et nous avons amélioré de manière continue le service. Un de ces utilisateurs a fini par nous ajouter sur le site ProductHunt et là, carton plein! En l'espace d'une journée, des centaines d'entreprises du monde entier commencent à utiliser Crisp et avec des avis très élogieux.

Depuis, Crisp ne cesse de grossir, des millions d'internautes sont aujourd'hui aidés via les entreprises qui nous utilisent. Le plus gros reste encore à venir, car de plus en plus d'entreprises nous font confiance et un tas de défis nous attendent que ce soit en support, scale technique, ou fonctionnalités exclusives.

En parallèle de Crisp, je suis étudiant à 42. C'est une expérience formidable qui correspond bien à mon esprit autodidacte, 42 permettant de s'organiser très librement, ceci me permet de bosser à la fois sur Crisp et à la fois sur des projets à l'école.




crisp



Un peu à la manière des side-projects chez les employés de Google, l'école permet de sortir de temps en temps du contexte de Crisp, faire de nouvelles choses quelques temps et de revenir ensuite. Contrairement aux idées reçues, il est possible d'avancer bien plus vite de cette manière. Que ce soit quand on créé une boite, dans un job, ou quand on est à l'école, il est possible de se démotiver et de ralentir. C'est courant chez les développeurs. En alternant les deux, ça me permet d'être toujours passionné par ce que je fais et d'avancer toujours à fond !

Un conseil qui s'applique aux entrepreneurs et aux étudiants : les étudiants devraient plus entreprendre et les entrepreneurs devraient plus apprendre.




Rédigé par Baptiste Jamin
baptistejamin@gmail.com
Follow me on Twitter and Facebook