Génération Y | L’explication de notre incompatibilité au travail

Millennials, Digital Natives ou encore Génération Y : autant d’appellations pour désigner ceux qui sont nés entre les années 1980 et 2000.

« On les accuse d’être narcissiques, égocentriques, dissipés et fainéants. Mais le principal reproche qu’on leur fait, c’est de se comporter comme si tout leur était dû » - Simon Sinek.



Dans le monde du travail, ces clichés collent à la peau de cette génération qui a été la première à avoir grandi avec les nouvelles technologies et qui oblige aujourd’hui à repenser l’organisation et le management des entreprises.

Récemment interviewé par Inside Quest, le célèbre auteur britannique Simon Sinek revient notamment sur notre addiction aux réseaux sociaux. Réputée difficile à manager et à rester concentrée, il explique qu’il existe un immense fossé culturel et comportemental entre les générations précédentes et cette dernière.

Selon lui, 4 facteurs peuvent expliquer ce gouffre : l’éducation, la technologie, l’impatience et l’environnement professionnel.

1 - Une mauvaise éducation



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De nos jours, les comportements culturels et sociaux des jeunes sont la conséquence de l’éducation qu’ils ont reçue : en effet, les parents ont eu tendance à leur répéter qu’ils pouvaient avoir tout ce qu’ils voulaient dans la vie, qu’ils étaient ‘special‘. Seulement, “ils ne sont pas si ‘special’, leur maman ne peut pas leur obtenir une promotion et ils ne peuvent pas obtenir quelque chose juste en le désirant très fort” affirme le conférencier.

Constamment protégés et persuadés d’atteindre tous les objectifs qu’ils se fixeraient, leur arrivée dans le monde de l’entreprise peut être vécue comme un traumatisme.

Heures supplémentaires, tâches peu stimulantes intellectuellement ou encore forte pression. Confrontés à la réalité, ils perdent leurs repères, sortent peu à peu de leur zone de confort : ils en deviennent frustrés et perdent généralement confiance en eux.

2 - Une nouvelle forme d’addiction est née


Les Digital Natives ont grandi et grandissent encore dans un monde où tout va de plus en plus vite. Un monde où les réseaux sociaux sont omniprésents.


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Selon Simon Sinek, il y a une réelle addiction aux SMS et aux notifications des différents réseaux sociaux … au même titre que l’alcool ou encore la cigarette : l’addiction à une forme de gratification immédiate voit alors le jour.

Le problème n’est pas tant l’addiction en elle-même, mais les effets que provoque le manque de celle-ci.

Tout au long de son intervention, l’auteur britannique ne critique pas directement Facebook, Instagram, mais pointe plutôt du doigt nos habitudes comportementales excessives. Par exemple, nous avons tous déjà été tentés de répondre à un SMS ou un mail en plein milieu d’une conversation physique : cette distraction permanente a ruiné petit à petit notre capacité de concentration et à réfléchir par nous-même.

« Trop de jeunes ne savent pas comment construire des relations profondes, qui ont du sens »



Aujourd’hui, les nouvelles générations ne savent souvent plus nouer des relations épanouissantes tant sur le plan personnel que professionnel et les réseaux sociaux sont les premiers visés.

3 - L’impatience, ou l’instantanéité



Les moyens de communication actuels sont toujours plus performants, toujours plus rapides.


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Nous avons accès à tout, instantanément. Netflix s’occupe de vous divertir, Uber de vous déplacer n’importe où, Helpling de faire votre ménage, Deliveroo de vous livrer à manger chez vous … Cependant, Simon Sinek nous rappelle très justement qu’il n’existe aucune application « pour être satisfait dans son job ». C'est lent, compliqué; et l’épanouissement personnel demande beaucoup d’implication et d’investissement.

S’investir, progresser, miser sur l’expérience sont des caractéristiques plus compliquées à comprendre pour cette nouvelle génération qui veut tout tout de suite.

« La compétence primordiale que cette génération doit apprendre, c’est la patience ».


En clair, l’impatience constatée chez les millennials résulte de l’instantanéité et des facilités que nous offre les nouvelles technologies.

4 - L’environnement de travail


Nous sommes tous d’accord sur ce point : l’entreprise n’est pas adaptée au monde d’aujourd’hui.


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C’est le rôle des dirigeants actuels de faire l’effort d’intégrer, de former notre génération à prendre la relève, en lui donnant les clés pour s’adapter à un monde qui change constamment.

« Un bon leader entraîne d’autres gens à le devenir. »




On ne peut rejeter entièrement la faute à l’éducation. A l’heure du succès des startups, cette génération est aussi « incompatible » car les conditions de travail ne sont pas adaptées aux réalités actuelles.

Notre génération regorge de jeunes talents qui ne demandent qu’à s’investir à fond dans une organisation.

Cependant, les plus grands groupes n’ont jamais été autant chamboulés qu’aujourd’hui et peinent à trouver une solution. Cet écart de perspective et de compréhension réside dans le temps nécessaire à ces structures pour opérer de nouveaux process, de nouveaux outils et de nouvelles façons de travailler.



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Sans cesse critiquée, notre génération est encore loin de l’épanouissement personnel et professionnel.

Outre le fait de faire prendre conscience à cette nouvelle génération de ces différents challenges, la balle est dans le camp des managers et dirigeants : c’est leur responsabilité d’appréhender ces problématiques et de manager en connaissance de cause. C’est à eux de nous apprendre la patience, de nous motiver et de faire aboutir ce potentiel.

Bref, il faut réorganiser le travail de façon à s'adapter aux modes de vies d'aujourd'hui car ne pas s’adapter à toute une génération qui est censée construire l’avenir, c’est remettre en cause le futur du marché de l’emploi.



Vous voulez en savoir plus sur le sujet ? Regardez attentivement la vidéo complète de l'interview de Simon Sinek.