Wingly | Bertrand, SUPAERO, 24 ans

Chez Crème de la Crème, on supporte avec conviction les étudiants freelance depuis le début, et encore plus ceux qui se lancent dans l'aventure entrepreneuriale. Cette fois-ci, c'est Bertrand, 24 ans et double-diplômé de SUPAERO et de Polytechnique, qui nous parle de sa start-up Wingly !


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Notre aventure du coavionnage et de Wingly est celle de la démocratisation l’aviation légère impulsée par deux français et un allemand.

Depuis notre lancement, nous avons permis à nos membres pilotes privés d’économiser plus de 130.000 € et à plus de 2.000 passagers de découvrir l’aviation légère. Nous réalisons 80% de notre activité en Allemagne pour cause d’une réglementation française contraignante.

Tout a commencé, il y a deux ans maintenant, par la rencontre des trois co-fondateurs complémentaires et passionnés d’aviation, Emeric Lars et moi Bertrand. Nous avions tous les trois eu séparément l’idée du coavionnage et c’est cela qui nous a permis de nous rencontrer.


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Emeric, 24 ans, est pilote privé et Polytechnicien. Il a déjà une création de société à son actif. Après avoir longuement hésité à s’engager vers la carrière de pilote de chasse dans l’aéronavale, il a succombé au magnétisme de l’entrepreneuriat. De son côté, il avait eu l’idée du coavionnage alors qu’il passait sa licence de pilote privé en voyant de nombreux pilotes essayer de partager leurs frais de vols et leur passion avec des proches.

De mon côté, Bertrand, 24 ans, je suis ingénieur aéronautique de l’ISAE-SUPAERO, passionné d’entrepreneuriat et élève pilote. J’avais cofondé l’accélérateur de start-up de SUPAERO, puis j’ai rejoint le master d’entrepreneuriat Polytechnique – Berkeley où j’ai rencontré Emeric.
Avant de découvrir cette idée commune pour le coavionnage, nous faisions surtout du ski et du kite-surf ensemble.

Lars, quant à lui, a 22 ans et est le développeur web et l’allemand de la bande. Lars avait auparavant sa propre société de développement web à Berlin qu’il avait créé à l’âge de 18 ans et qu’il a mis de côté pour venir s’installer à Paris et fonder Wingly avec nous. C’est aussi un serial entrepreneur dont les projets l’ont mené jusqu’à être CTO en Chine, au fameux accélérateur hardware HAXLR8R de Shenzhen. Lars avait posté sur internet son idée de coavionnage. J’ai alors pu le contacter avec Emeric et, trois mois plus tard, nous travaillions tous ensemble à plein temps au lancement d’une belle aventure. Pour Emeric et moi, c’était dans le cadre de notre stage de master d’entrepreneuriat à Polytechnique que nous avons commencé à travailler sur Wingly, mais étant donné que Lars avait déménagé de Berlin à Paris pour nous rejoindre, nous savions dès le début que cette aventure irait bien plus loin qu’un simple stage.



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Concrètement, Wingly est une plateforme de mise en relation entre pilotes privés et passagers. Les pilotes postent sur notre plateforme les vols qu’ils ont prévu d’effectuer en indiquant le nombre de place disponible. De l’autre côté des passagers viennent se greffer dessus en partageant les frais avec le pilote.

In fine, notre site fonctionne sur un modèle Blablacar mais plus orienté vers le loisir que le transport. Nous assurons le paiement en ligne, proposons à nos membres d’échanger via une messagerie interne et de se laisser une notation et un commentaire.

Sur Wingly, les pilotes proposent deux types de vols.Tout d’abord des balades aériennes de pur loisir, par exemple pour aller survoler les châteaux de la Loire un dimanche après-midi avec un proche. Puis ils proposent des vols de transport, qui sont majoritairement des allers retours vers une destination touristique, comme une excursion de la côte d’Azur vers la Corse sur un week-end.

Du côté pilote, le coût moyen de la location d’un avion est de 160€ pour une heure de vol. Grâce à Wingly, le pilote va pouvoir partager ses coûts. Par exemple, en prenant deux passagers pour 40€ chacun, il va économiser 80€, soit 50% de ses frais. Côté passager, faire une balade en avion privé pour 40€ est exceptionnelle. Plus que l’aspect financier, c’est l’échange social et le partage de passion que nos utilisateurs apprécient avec Wingly. Les pilotes adorent partager leur passion et volent rarement autant qu’il le souhaiterait en raison du coût élevé de l’heure de vol.



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Finalement, notre modèle économique est de prendre une commission sur la transaction du passager vers le pilote. Ce qui nous motive tous les trois c’est notre vision : démocratiser l’aviation légère grâce au coavionnage et l’économie collaborative. Nous sommes convaincus de pouvoir avoir un impact sur ce secteur pour aider à le redynamiser.

Au-delà de la vision long terme, le défi entrepreneurial de développer une équipe, de nous battre contre la réglementation, de trouver des financements pour apporter de la valeur ajoutée à nos utilisateurs et au secteur est très stimulant. Notre objectif pour 2017 est de monter en puissance en fortifiant notre développement en Allemagne, Angleterre et en France, en agrandissant notre équipe, en levant de nouveaux fonds et en créant des partenariats stratégiques.

Tout au long de notre aventure nous avons été aidé par de nombreux mentors. Certains sont par la suite devenus des investisseurs lors de notre première levée de fonds. Un œil extérieur, expérimenté et challenger est très important pour nous aider à fixer un cap ambitieux et à avancer vite.

Nous avons notamment dû surmonter une vraie crise réglementaire deux mois après notre lancement en France en juillet 2015. Nous nous sommes fait attaquer par un syndicat de pilotes commerciaux. La direction générale de l’aviation civile française a alors tiré la sonnette d’alarme sur notre cadre réglementaire.



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L’administration a tout d’abord conclu, à la suite d’un groupe de travail, que nos pilotes avaient besoin d’une licence commerciale et que Wingly devait posséder d’un certificat de transporteur aérien normalement réservé aux compagnies aériennes.
Heureusement, nous avons pu rapidement obtenir une validation réglementaire en Allemagne et en Angleterre, notamment grâce aux contacts de notre co-fondateur Allemand.

Nous avons pu déployer efficacement notre plateforme de l’autre côté du Rhin jusqu’à ce que ce marché représente plus de 80% de notre activité. Puis, nous nous sommes lancé sur le marché Anglais. L’administration française a revu sa copie réglementaire une première fois en août 2016 et nous a créé un cadre réglementaire clair mais toujours trop restrictif.

Aujourd’hui, la France travaille de pair avec les instances réglementaires pour assouplir son cadre de pour l’adapter davantage aux besoins des pilotes. Pour mener cette bataille réglementaire, il nous a été indispensable de nous entourer de nombreux conseillers.



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Aux étudiants qui se lancent, nous conseillons de ne surtout pas hésiter à parler de son idée autour de soi. On bénéficie toujours plus du retour d’autrui que du risque de se la faire piquer. Ensuite, de choisir précieusement ses associés. Finalement d’essayer de lancer son service ou produit le plus rapidement possible pour le confronter au retour client qui est le seul juge impartiale et honnête de votre concept.

En ce sens, Crème de la Crème propose un excellent tremplin aux étudiants pour toucher l’entrepreneuriat du doigt en apportant de la valeur ajoutée, grâce à leurs compétences, à de belles entreprises.




Rédigé par Bertrand Joab-Cornu
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