Tout ce que j'ai appris en plantant ma start-up

Rédigé par Jean-Charles Kurdali



Le but de cet article est de partager des expériences concrètes, de tuer le fameux mythe du « Build it and they will come » qui laisse penser qu’il suffit de construire un super produit dans son coin et de le lancer pour réussir, mais également de promouvoir la pensée de Steve Blank « Get out of the building » qui encourage à rencontrer un maximum de clients potentiels dès les premiers jours.


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Je vais prendre 2 exemples concrets afin d'illustrer la chose la plus importante à faire après avoir eu une idée lorsque l’on monte une start-up :

  • Ma première expérience en tant que co-fondateur chez Messteam en 2014 en expliquant les erreurs commises et les leçons que j’en ai tirées.

  • Mon expérience avec Fetch (la startup que j’ai co-fondé et dont je suis le président actuellement).


Ma première expérience avec Messteam



Juin 2014, je venais tout juste de finir mes études et je m’étais lancé dans mon premier projet de start-up avec un associé rencontré sur un réseau social d’entrepreneur quelques mois auparavant.

Sans rentrer dans le détail, son idée était de permettre aux personnes de se constituer un réseau et de faire fructifier ses relations via un site qui serait axé sur la communication et la discussion instantanée. A l’inverse d’un Linkedin plus centré sur le partage d’informations. L’idée me plaisait, même si après coup je me suis rendu compte que c’était surtout l’idée de prendre part à un projet de start-up qui m’intéressait le plus. Ce qui est une mauvaise raison de se lancer selon moi.

A cette époque je ne savais pas grand-chose, bien qu’ayant lu quelques livres sur le marketing qui est un sujet qui me passionne. Je n’avais jamais eu la possibilité de mettre en pratique ce que j’avais pu lire.

Mon association avec lui n’allait durer que quelques mois au cours desquels nous avons fait de nombreuses erreurs, ce qui était normal vu que nous étions totalement inexpérimentés.

Les erreurs commises



A aucun moment nous n’avons cherché à confronter notre idée à une cible potentielle pour voir si cela aurait pu intéresser ces personnes. Nous ne faisions que des hypothèses et si nous avions trouvé un développeur lors de notre recherche qui a duré 3 mois. Nous aurions construit un produit sans savoir si celui-ci allait intéresser ne serait-ce qu’une seule personne !


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Nous avons commis 3 erreurs qui sont courantes à priori puisque je vois beaucoup de personnes faire les mêmes autour de moi :

1 - Croire qu’il faut déjà construire le produit/service avant de valider qu’il y a un réellement un intérêt de le concevoir.

2 - Blinder de fonctionnalités son site sans comprendre quelle est la véritable valeur de son idée.

3 - Ne pas faire connaître son produit/service tant que celui-ci n’est pas terminé par peur de se faire piquer l’idée …


Ce que j’ai appris



Nous n’avions pas utiliser la bonne démarche, ni le bon état d’esprit !

Cette mauvaise démarche est :

  • Avoir une idée et travailler un peu dessus
  • Trouver des développeurs pour la rendre concrète (durée variable entre 6 mois et 2 ans)
  • Lancer son site et sa communication/marketing
  • Se rendre compte que ça n’intéresse personne
  • Arrêter ou persévérer

Nous aurions eu tout intérêt à rencontrer un maximum de personnes afin de déterminer plusieurs éléments : Y’a-t-il un marché ? Si oui quel est notre cible ? Quels sont les besoins de ces personnes ? Est-ce que notre idée répond à un besoin/problématique très fort(e) ?

La liste pourrait être bien plus longue, soit autant de raisons de sortir de chez soi.


Deuxième tentative : Fetch



fetch-logo



Quelques mois plus tard je me retrouve dans la même situation avec Fetch , l’idée vient de moi cette fois-ci, je note tout ce qui me passe par la tête le soir même et ensuite ?

Une soirée entre amis



Lors d’une soirée entre amis, j’ai tout simplement présenté les prémisses de Fetch, ce qui m’a permis d’avoir des premiers retours sur cette idée et surtout de sonder l’avis de deux personnes en priorité qui avait l’envie de se lancer dans l’entrepreneuriat tout comme moi.

Les avis étaient plutôt divergents mais j’avais éveillé la curiosité de l’actuel directeur général adjoint de Fetch qui avait des compétences que je n’avais pas en finance.

J’ai revu cette personne qui était intéressée pour en savoir plus autour d’un café quelques jours plus tard et 3h après nous nous étions mis d’accord pour nous associer sur ce projet.

Neige et sondage



Discuter avec des amis de son projet était une chose mais ce n’était pas suffisant pour valider l’intérêt de se lancer dans cette aventure. Il me paru logique de commencer par aller voir des restaurateurs avant de faire tout autre chose. J’avais le choix entre le porte à porte et le démarchage téléphonique. Je pris l’option du « porte à porte » malgré le froid et la neige qui aura était souvent présente durant mon étude de marché. Pour appuyer ma démarche et avoir des retours, j’avais fait des sondages avec Google Form.


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Muni de mes petits sondages, je commençais à démarcher les restaurateurs avec un peu d’appréhension ne sachant pas vraiment comment j’allais être accueilli … Petite peur de courte durée après avoir fait le premier restaurant qui a accepté de répondre à mon sondage et avait discuté avec moi pendant 10 minutes trouvant l’idée intéressante. Je me suis rendu vite compte que mes sondages ne seraient qu’un prétexte pour commencer la discussion, qui elle serait beaucoup plus instructive.

Cette étude de marché durera jusqu’à environ la mi-février, période pendant laquelle j’ai pu rencontrer une cinquantaine de restaurateurs dont une dizaine avec qui j’ai pu m’entretenir plus d’une heure. Elle m’a aussi permis de comprendre pourquoi les restaurateurs ne font pas de livraisons, qu’ils étaient très intéressés par l’idée de sous traiter la livraison, qu’il y avait une forte demande de la part de leurs clients et comment fonctionnent-ils afin d’adapter notre futur service à leurs besoins.


Commencer la communication au plus vite



Nous avons depuis les débuts de Fetch eu une stratégie de communication visant à faire croire que nous existions bien avant le lancement de Fetch. Cela nous a permis de vérifier rapidement si Fetch allait intéresser du monde côté client ! Nous avons rapidement eu un logo qui est toujours le même actuellement. Celui-ci à été fait par la personne qui n’aimait pas spécialement l’idée lors de la fameuse soirée entre amis !

Nous avons créé la page Facebook dès le mois de mars 2015 et nous avons très vite commencé à avoir des articles de presse sur nous.


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Notre communication était et est toujours d’une grande transparence, nous mettions l’évolution quotidienne de Fetch sur Facebook avec notamment beaucoup de photos de nos rendez-vous. Nous avons très vite fait participé notre audience avec des sondages du type « listez vos restaurants favoris » !

Attention cependant : avoir du monde sur les réseaux sociaux qui suivent votre projet n’est pas suffisant, il faut aussi valider le fait que ces personnes sont prêtes ou non à payer notre service.


Que retenir ?



J’ai expérimenté les 2 méthodes et il est évident que la meilleure manière de procéder est celle que nous avons choisie avec Fetch.

Un des grands avantages que j’ai pu avoir sur les développeurs est que je n’en suis pas un ! Cela m’a obligé à recueillir des retours de clients potentiels et de restaurateurs plutôt que de me cacher derrière mon PC à faire un site.


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J’entends souvent les personnes n’ayant pas de compétences techniques (non développeur/programmeur) se plaindre alors qu’il est tout à fait possible de démarrer sans ses compétences. Je faisais pendant longtemps parti de ces personnes …

Sortez de chez vous et aller voir un maximum de personnes dès le début, vous allez apprendre bien plus et votre futur site sera surement en adéquation avec votre cible ! Il sera tout à fait possible ensuite de développer une première version de son produit sans même savoir coder !

Aujourd'hui, Fetch est présent sur Nancy, Metz et Reims. L'entreprise est en pleine croissance depuis son lancement en Janvier 2016 et a pour mission de proposer ce service de livraison aux habitants et restaurateurs des villes de 100 000 à 200 000 habitants en France.





Rédigé par Jean-Charles Kurdali
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