Créer un chatbot en 2 semaines sans coder

Kévin Gauthier

Etudiant à Montpellier Business School, 23 ans



Les chatbots sont le nouveau sujet tendance du moment et comme tout buzzword, les avis divergent à leur sujet au sein de la communauté Tech. Certains trouvent les chatbots inutiles et dépourvus de toute intelligence tandis que d’autres perçoivent une révolution quant à l’expérience délivrée par les marques et startups à leurs utilisateurs. Vous l’aurez compris, je suis plutôt dans le second camp.
Nous avons conçu Sherlock avec un ami pour répondre à un besoin personnel : Recevoir des articles traitant de Startups et Growth Hacking (nos deux passions) avant de prendre les transports pour occuper notre trajet.


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Le développement



Nous sommes tous les deux étudiants en école de commerce et sans compétences techniques. Après quelques recherches sur le web, on tombe sur Chatfuel, un outil pour créer un chatbot sans coder.

Au bout d’une journée, on commence à s’approprier l’outil. On comprend comment réaliser un parcours et enregistrer les choix de chaque utilisateur pour créer un parcours personnalisé en fonction de ce que l’utilisateur choisi. Une fois le parcours dessiné, il ne nous reste plus qu’à alimenter le chatbot en contenu. Il existe de nombreuses intégrations pour automatiser certains process comme une intégration Zapier pour aller chercher du contenu dans un Google Sheet ou encore une intégration Google pour aller faire une recherche automatiquement quand l’utilisateur tape certains mots sur le bot.

« L’outil est vraiment flexible et à la portée de tous. »


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Il a surtout l’avantage que vous attendez tous ... il est gratuit ! Toutefois, pour ceux qui seraient tentés de développer un chatbot après avoir lu cet article, il faut que vous preniez en compte les inconvénients suivants :

L’intelligence artificielle est quasi nulle. La rubrique « Set up AI » vous permettra de paramétrer des réponses automatiques en fonction de ce que l’utilisateur écrit (Intelligent ? Pas vraiment car il faut penser à tout paramétrer).

De plus, l’intelligence ne prend pas en compte le contexte … je m’explique. Si un utilisateur répond « Oui » à la question « Voulez-vous recevoir plus d’articles ? », la réponse sera interprétée de la même manière que si vous répondez « Oui » à la question « Voulez-vous ne plus jamais entendre parler de ce chatbot ? ». Notre esprit comprend que ces phrases n’ont pas le même sens mais pas Chatfuel. Il vous faudra donc anticiper l’UX pour la rendre la plus simple possible pour l’utilisateur et éviter autant de fois que possible de lui demander d’écrire quelque chose qui n’est pas dans le scénario du chatbot. La solution, utilisée par beaucoup de startups pour répondre au problème de non-compréhension du chatbot, est le support par l’humain. En effet, si vous ne paramétrez rien dans « Set up AI », le chatbot ne répondra pas à l’utilisateur et vous pourrez le faire directement depuis Messenger manuellement. Cela améliorera l’expérience que vos utilisateurs ont avec votre service mais cela vous oblige à être d’une réactivité exemplaire.

Les analytics



Construire un chatbot c’est bien mais si personne ne l’utilise et déteste l’expérience délivrée cela ne sert pas à grand chose. Le marché des solutions d’analytics pour les chatbots est encore peu avancé mais par chance Chatfuel à intégrer une partie analytics dans l’outil qui vous aidera à mesurer les KPI importantes. Sans avoir besoin de toucher une ligne de code, vous aurez accès à votre nombre d’utilisateurs actifs, nombre de désinscrits, taux de rétention en fonction des cohortes. L’important dans notre cas est de regarder la rétention pour savoir si le produit plaît et est utilisé quotidiennement puisque nous envoyons les articles Startup et Growth hacking tous les jours. Chatfuel ne propose pas pour l’instant de tracker les évènements comme le ferait Mixpanel pour les applications mobiles et Google Analytics pour les sites web. Toutefois, il existe de nouveaux acteurs sur le marché comme Botanalytics qui proposent cette fonctionnalité. Mais ces solutions demandent d’utiliser un Webhook donc un léger travail technique.


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Pour information, le taux de rétention moyen des chatbots est actuellement de 4% mais ce taux peut grimper jusqu’à 10%. Cependant, il faut signaler que les chatbots de divertissement peuvent avoir un taux de rétention plus élevés dû à leur fonctionnement par push (envoi quotidien de contenu). Dans notre cas, notre taux de rétention oscille entre 50 et 60% en fonction des cohortes.

Le marketing



Selon moi (et avec ma modeste expérience), je ne pense pas qu’il y ait un marketing spécialisé pour les chatbots mais ces derniers ont un gros avantage sur les applications mobiles : l’onboarding ! Alors qu’il faut se rendre sur le store pour télécharger une app (et la plupart du temps se créer un compte avant de pouvoir utiliser le service), là il vous suffira de chercher dans la barre de recherche Messenger le nom du chatbot et de cliquer sur « Démarrer ».

« Pas besoin de comprendre comment le chatbot fonctionne, c’est simple et intuitif. »



Ensuite la spécificité de Messenger est sa fonctionnalité « Partage ». Lorsqu’un utilisateur partage votre chatbot, il va le partager directement en message privé ou via un groupe avec ses amis. Ce partage est beaucoup plus fort qu’un partage Facebook qui s’adresse à tous ses amis puisqu’il est personnalisé et mieux ciblé. La personne qui reçoit l’invitation reçoit un lien dans une conversation avec son ami, clique et 5 secondes plus tard à accès à votre service.


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Ce qui est certain c’est que le Growth Hacking s’adapte aussi aux chatbots. Voici deux use cases :


- Pour tester Sherlock, nous avons posté un message sur le groupe French Startups (notre cible) en expliquant que nous avons créé un chatbot qui envoie l’actualité Startup et Growth Hacking tous les jours. Nous avons demandé aux personnes intéressées de laisser un commentaire sur le post pour recevoir une invitation. Résultat : 250 commentaires en 10 heures, le post est resté 2 jours en haut de la page avec 13 000 abonnés et nous avons acquis nos 500 béta testeurs en une journée.

- Peter, un chatbot dans l’éducation qui aide les collégiens et lycéens à faire leur devoir a réussi à gagner 100 000 users en une nuit. Comment ? Ils ont créé une file d’attente pour avoir accès au chatbot. Le seul moyen de sauter cette file d’attente était de partager à 3 de ses amis. Vous pouvez retrouver l’histoire complète ici.



Testez Sherlock ici !



J’espère que vous appréciez cet article et que vous allez vous lancer dans l’industrie des chatbots avec nous !





Rédigé par Kevin Gauthier & Denys Saisse
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