Travailler en voyageant | Ma vie en remote chez Doist

Chaque mois, on donne la parole à un(e) étudiant(e) freelance Crème de la Crème ! Ce mois-ci c'est Lucile Foroni, diplômée de l'IESEG qui nous raconte son parcours, ses compétences et ses petites habitudes de travail !


Lucile Foroni

Growth Manager @ Todoist


Je m’appelle Lucile Foroni, j’ai 25 ans et je suis Growth Manager chez Doist pour l’application Todoist. Doist c’est une boîte géniale qui fonctionne en full-remote. Le full-remote, ça veut dire que les 51 membres de l’équipe travaillent d’où ils veulent dans le monde entier, sans contrainte horaire, sans bureau fixe. Doist, c’est une équipe de passionnés, répartie aux quatres coins du monde et rassemblée autour de deux produits Todoist et Twist.

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Todoist, l’une des applications de gestion de tâches les plus utilisées au monde aujourd’hui, rassemblent plus de 700 000 utilisateurs chaque mois qui, avec nous, organisent leur vie professionnelle comme personnelle et réussissent, chaque jour un peu plus, dans tout ce qu’ils entreprennent.

Twist, c’est notre logiciel de communication. Twist a vu le jour parce qu’il n’y avait pas d’outil adapté pour une équipe comme nous qui travaille de manière asynchrone. Nous souhaitions reprendre le contrôle de notre environnement de travail : moins de notifications incessantes, de distractions et la possibilité de se concentrer sur son travail tout en collaborant avec ses coéquipiers.

Et moi, j’ai eu la chance de rejoindre cette équipe en Septembre 2016 en tant que Growth Manager. La première question qu’on me pose souvent c’est “c’est quoi ton métier?”. Et puis s’en suivent “mais alors tu es growth hacker ?” “Est-ce que tu aurais des growth hacks à me conseiller ?” Non je ne fais pas de growth hacking. Et non je n’ai pas de growth hacks à conseiller. Quand on parle de Growth, la majorité des personnes vont penser au métier de Growth Hacker. Mais ce n’est pas le seul qui existe.


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Mon métier je l’ai créé. Ou plutôt nous l’avons créé, Hugo Fauquenoi, mon meilleur ami, et moi. Nous sommes les deux Growth Managers de Doist et, avant nous, il n’y en avait pas. Nous avons donc créé une équipe et lui avons trouvé un sens. Et ça, ça n’a pas de prix.

« Pouvoir imaginer son job de rêve c’est un des avantages incontournables du remote.»


Du coup, pour nous Growth Manager c’est décider de l’axe de croissance sur lequel nous voulons nous concentrer pour faire avancer nos produits. Par exemple, sur Todoist, nous sommes fédérés autour de la rétention. Nous accumulons un flux important de nouveaux utilisateurs mais, comme pour beaucoup de logiciels, notre plus grosse difficulté reste de les garder. Dans cette optique, mon rôle s’articule autour de la coordination des initiatives qui renforcent notre rétention au quotidien. De la gestion de l’emailing aux améliorations produits en passant par la mise en place d’outils mesurant l’impact de nos efforts. Je suis en permanence en quête de nouvelles idées et de nouveaux projets qui nous permettront d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.


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« En remote, on est forcément très autonome. Il existe un climat de confiance qui permet de s’épanouir dans tout ce qu’on fait. »



En effet, l’aspect le plus intéressant de mon travail chez Doist, c’est l’autonomie. Personne ne va me donner de tâches à faire, je crée mes propres tâches en accord avec la vision et les missions de l’entreprise, ainsi que mes compétences. Grâce à cette autonomie alliée aux encouragements de mes managers, j’en apprends toujours plus et j’évolue personnellement comme professionnellement. Aujourd’hui par exemple, je me forme sur Python. C’est un langage intéressant pour moi car notre back-end est construit en partie sur ce langage. Mais c’est aussi un langage avec lequel j’aime bien coder tout simplement et Doist me donne l’opportunité de gagner en expertise sur ce sujet.

L’apprentissage en continu s’inscrit parfaitement avec le remote car, dans une entreprise comme la nôtre, apprendre est une activité quotidienne. Du jour au lendemain, on se retrouve à travailler tout seul, physiquement parlant du moins. Il faut apprendre à trouver sa propre motivation pour se lever tous les matins et accomplir son travail. Heureusement, il y a plusieurs éléments qui permettent de faciliter cette transition entre le moment où on se réveille et le moment où on se met au travail. Pour ma part, ce que je fais va dépendre des périodes mais je fais toujours au moins une ou plusieurs de ces activités :

  • Aller faire du sport
  • Prendre le temps de petit-déjeuner
  • Passer du temps à faire quelque chose qu’on apprécie (regarder une vidéo, lire un peu, passer du temps avec sa famille, ses collocs, son copain/sa copine)
  • Commencer tranquillement à lire ces mails et autres messages



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« Un des principaux caractères du travail en remote, c’est aimer ce qu’on fait. Sinon, impossible de se motiver. »



Une fois ces quelques petites choses faites, on est plus à même d’aller travailler. Et, une fois qu’on est dedans, tout devient plus facile (normalement). Ça paraît logique mais, surtout quand on cherche un premier travail, on a tendance à prendre un poste qui nous permettra de devenir indépendant financièrement et d’acquérir quelques compétences en plus. On ne suit pas forcément une passion, on se concentre plutôt sur l’acquisition de compétences complémentaires, via son travail et via ses collègues. En remote, il faut apprendre à apprécier ce qu’on fait, tous les jours. Sinon il est très dur de se motiver.

Ensuite, un environnement de travail adapté est primordial. Certains organiseront leurs propres bureaux depuis la maison, d’autres préféreront choisir un espace de coworking. Dans mon cas, j’ai choisi l’espace de coworking (ou un café, j’aime changer) car j’ai du mal à me concentrer chez moi et j’ai besoin de sortir et de voir d’autres gens. Peu importe votre choix, tant que vous vous organisez un vrai environnement de travail (de préférence en dehors de votre lit) et que vous conservez un minimum de vie sociale, le remote devrait vous plaire.

Lorsqu’on met de côté l’aspect organisationnel permettant de s’épanouir en remote, on peut réellement kiffer. Et je dis bien kiffer car les aspects positifs de la vie en remote sont nombreux.


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« La liberté de travailler lorsqu’on est le plus productif, et d’aller se détendre lorsqu’on ne l’est pas. »



Tout d’abord c’est la liberté. La liberté de travailler quand on veut et d’où on veut. La liberté d’apprendre à se connaître, à savoir quand on est le plus productif et de tester et re-tester à l’infini des systèmes, lieux, horaires pour arriver à travailler au mieux !

Et, pour beaucoup, c’est aussi et surtout la liberté de voyager. Lorsque j’ai commencé en remote, Hugo et moi sommes partis vivre et travailler pendant trois mois et demi en Asie. Nous avons passé un mois et demi à Bali et un mois et demi sur l’île de Koh Lanta en Thaïlande. Et honnêtement il n’y a rien de mieux ! Se lever tôt pour aller travailler à l’espace de coworking, profiter de l’après-midi et ensuite avoir quelques réunions le soir avec les collègues qui se trouvent en Europe. C’est le paradis. Et, contrairement à ce que les gens pensent, il est possible de travailler efficacement au bord d’une plage ! Il n’y a rien de plus motivant que de se dire que, une fois son travail bien mené, on va pouvoir profiter de cette plage et se détendre.

Et même lorsqu’on n’est pas en déplacement, on voyage ! Avec 51 collègues répartis aux quatre coins du monde, on découvre des cultures et des personnalités incroyables. C’est un voyage de tous les jours. C’est aussi la découverte d’activités (le crossfit) et de sujets diverses (l’astronomie) quand on a des collègues talentueux qui possèdent tous des hobbies et intérêts variés. On acquiert de nouvelles connaissances quotidiennement.


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Bref, le remote c’est la vie ! Et c’est une vie qui est à portée de main. Un certain nombre de sites propose des listings de job en remote. Mon petit favori c’est celui de Rodolphe Dutel et Adrien Belhomme, Remotive.io. Rodolphe a travaillé plusieurs années chez Buffer, une entreprise qui est aussi en full-remote. Depuis il a créé une communauté autour du remote du nom de Remotive. Elle a atteint plus de 500 personnes ce mois-ci et sa newsletter est aujourd’hui envoyée à 25000 abonnés.

Ensuite il faut chercher. Le seul conseil que je puisse vous donner quand vous cherchez un job en remote est de ne pas postuler à un job simplement parce qu’il permet de travailler en remote. Je m’explique. Comme j’ai déjà mentionné plus haut, je pense qu’aimer son travail est un pré-requis pour travailler en remote. De plus, du point de vue d’un recruteur, donner comme premier argument l’envie de travailler dans une boîte parce qu’elle est en remote, ce n’est pas très attractif. Je conçois que le remote fait parler de certaines entreprises et c’est une bonne chose que des utilisateurs s’intéressent à des produits qu’ils découvrent via la culture de l’entreprise. Cependant, si vous êtes sûr(e) de vouloir travailler en remote, cherchez plutôt un poste, un domaine, un secteur qui vous intéresse et cherchez ensuite ce que proposent les boîtes en remote de ce côté-ci. Cette démarche me paraît plus pertinente que l’inverse (vos futurs recruteurs le verront sûrement de la même manière).

Alors, si le remote vous tente, lancez-vous ! Sachez que ce n’est pas toujours évident. Trouver un job en remote, créer son propre environnement et ses habitudes de travail et accepter d’être détaché physiquement de vos collègues peuvent s’avérer difficile à gérer. Une expérience en freelance avec Crème de la Crème peut être un bon début pour vous tester sur votre capacité à travailler à distance puisque le travail de freelance se fait aussi en remote.

Et puis, si vous êtes capables d’aller jusqu’au bout et d’accepter ces contraintes, vous réaliserez que le remote est la manière la plus libératrice et productive de travailler. Elle l’est pour moi en tout cas.