TUTOROO | Nicolas, HEC Montréal, 29 ans

Chez Crème de la Crème, on supporte avec conviction les étudiants freelance depuis le début, et encore plus ceux qui se lancent dans l'aventure entrepreneuriale. Cette fois-ci, c'est Nicolas, 29 ans et diplômé d'HEC Montréal, qui nous parle de sa start-up TUTOROO !


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Nicolas Vanhove

CEO @ Tutoroo



Je m’appelle Nicolas Vanhove, j’ai 29 ans et suis le fondateur de TUTOROO, une start-up établie à Singapour qui permet aux étrangers vivant dans une ville de trouver des locaux qui souhaitent les embaucher pour apprendre ou pratiquer leur langue maternelle. Les leçons sont privées et ont lieu en général chez l'élève ou au café du coin.

J’ai quitté la France en 2007 au milieu de mes deux années de prépa ECS pour étudier à HEC Montréal. C’est au Canada que j’ai découvert l’entreprenariat en débutant comme Directeur des Ventes et du Marketing au sein d’une entreprise spécialisée dans les investissements dans l’énergie solaire photovoltaïque, dès l’obtention de mon diplôme. Cela a été une expérience intense en raison de la croissance exponentielle de l’entreprise, une start-up elle aussi, que j’ai vu grandir depuis le salon d’un appartement jusqu’à un bureau montréalais avec une quarantaine d’employés.

J’y ai énormément appris, du marketing opérationnel au branding en passant par les Ventes. Les contrats que je signais variaient de plusieurs dizaines de milliers de dollars à plusieurs millions pour les plus importants. Cette expérience et les perspectives d’évolution au sein d’une petite structure m’ont appris à mettre en pratique un business plan bien rodé, tel que nous l’avions établi ensemble avec les fondateurs. J’ai quitté le bateau en 2013, un an et demi avant que j’en apprenne le naufrage en 2014, principalement en raison d’une gestion très médiocre du cash flow à disposition. Je sais que je ne ferai pas certaines des erreurs commises par mes anciens collègues de travail et par leurs fondateurs avec lesquels je suis resté ami et qui m’ont tant appris.

C’est en 2013 après avoir appris l’existence du tout nouveau PVT à Hong Kong pour citoyens français que je suis parti m’installer en Asie sans n’y avoir jamais mis les pieds auparavant.

« A 25 ans, j’avais encore cette inestimable liberté, celle qui permet de tout quitter quelque part afin de tout recommencer ailleurs. »



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Hong Kong



Fraichement débarqué dans cette ville plus orientale qu’occidentale malgré la tutelle britannique qui y dura des décennies, j’ai démarré GET THE DEAL NOW, un projet fusionnant les concepts de Groupon et de Tinder en permettant aux utilisateurs de choisir et d’acheter des biens ou des services bon marché en fonction de l’heure et de l’endroit où ils se trouvent, en validant d’un coup de pouce leur achat. L’idée étant d’aider les commerçants à liquider leurs stocks de biens périssables au dernier moment ou bien de permettre à d’autres de combler les plages horaires des heures creuses en vendant leurs services à prix réduits. Le prototype a été un succès immédiat. Les ventes ne se sont pas fait attendre et les commerçants Hong Kongais ont épousé le concept rapidement. En analysant le marché je me suis toutefois aperçu de deux problématiques que j’allais devoir affronter si je souhaitais que la start-up réussisse dans cette ville que je découvrais jour après jour :

  • Il me manquait un système de gestion de l’inventaire pour que les marchands entrent eux-mêmes leurs offres dans notre base de données.

  • Il aurait fallu environ deux ans pour atteindre une masse critique d’utilisateurs, sans financement immédiat et dans une des villes les plus chères du monde, il me fallait trouver un plan B, qui s’est petit à petit transformé en plan A.


Singapour



Il y a à quelques heures d’avion de Hong Kong un autre hub asiatique majeur : Singapour. Une ville rassemblant davantage les standards canadiens auxquels je m’étais habitués pendant sept ans passés au Québec.


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Avant de quitter Hong Kong, j’y ai établi une société spécialisée dans le conseil en Ventes à travers laquelle je rencontrais des Hong Kongais qui cherchaient finalement davantage du personal coaching que du sales coaching. C’est ainsi que j’ai progressivement étendu mon offre et découvert l’étendue du marché réservé au coaching privé pour améliorer l'aisance à l’oral et en anglais. Dès lors, l’idée maîtresse de TUTOROO était née : mettre des personnes en relation pour que l’une pratique voire enseigne sa langue maternelle à l’autre.

C’est en quittant Hong Kong et une fois arrivé à Singapour que j’ai commencé à mettre en relation de nouveaux clients potentiels avec d’autres coachs privés. J’ai réalisé toutes les premières mises en relation avec WhatsApp, un outil génial que nous utilisons d’ailleurs toujours. Une fois l’offre des cours de communication en anglais bien rodée, j’ai élargi avec d’autres langues très demandées elles aussi par les Asiatiques telles que le chinois, l’allemand, le japonais, l’espagnol, et cocorico ... le français ! Cela a vite été un succès alors j’ai bootstrappé ce qui est devenu TUTOROO.

TUTOROO



En moins de deux ans, ce qui allait devenir TUTOROO a permis à plusieurs milliers de natifs vivant dans un pays généralement étranger à leur pays d’origine d’enseigner plusieurs centaines de milliers d’heures grâce à notre système de mise en relation, générant plusieurs millions de dollars de revenus au sein de notre communauté de tuteurs.

« Vision over visibility »



C’est une phrase de Bono que j’apprécie tout particulièrement. Souvent le plus gros défi pour un entrepreneur c’est d’être capable de travailler non pas dans son entreprise (opérations) mais sur le développement de la société elle-même, pour lui assurer une croissance constante et durable.


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Evangéliser son produit/service et aller à la rencontre d’autres entrepreneurs, voire d’investisseurs, prend plus de temps et de ressources qu’on ne se l’imagine quand on est entrepreneur et que nos journées sont plutôt occupées par des tâches urgentes et importantes, plutôt que par celles moins urgentes mais tout aussi importantes telles que la recherche de financement externe pour accélérer la croissance via effet de levier.

Aujourd’hui, les entreprises qui réussissent ont su investir ce qu’il fallait pour gagner en visibilité. Il est essentiel d’avoir une vision claire, une idée précise de l’avenir que l’on souhaite à la start-up. Une mauvaise météo (problèmes de cash flow par exemple) pourrait dissimuler un horizon qu’il ne faut à tout prix pas perdre de vue. Le business plan en dépend, il est important de garder le cap, encore plus à travers les tempêtes.

Objectifs



Pour l’année 2017, nous visons 3 fois le CA de 2016 avec pour objectif 500 000 SGD de revenus, soit 335 000 euro environ.

Nous prévoyons d’étendre la plateforme dans 10 nouvelles villes d’ici au mois décembre. Pour le moment nous avons développé notre présence dans plusieurs villes en Australie (Sydney, Perth, Melbourne…) et bientôt nous serons aux Emirats Arabes Unis, en Afrique du Sud et en Nouvelle Zélande.

Entreprenez !



Testez des expériences en dehors de votre zone de confort pour découvrir de nouvelles façons de travailler et de penser. Ne vous conformez pas nécessairement.

« Mon conseil pour les jeunes français intéressés par l’entreprenariat : entreprenez. »



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Si vous tenez une idée solide et que vous avez pu la mettre en pratiquer et la tester, persévérez et surtout, n’oubliez jamais que le moment le plus criant de vérité sera celui où vous parviendrez à convaincre votre premier client ou utilisateur de vous faire confiance. Le reste, c’est de la répétition (marketing is repetition) et de la sueur !

Un livre à lire ?



La semaine de 4 heures de Tim Ferriss que j’ai découvert au moment même où je me lançais dans l’entreprenariat. Le livre met en exergue nombre de concepts facilement applicables à l’heure de la sharing et de la freelance economy.



Rédigé par Nicolas Vanhove
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