HEEK | Nicolas, EDHEC, 33 ans

Chez Crème de la Crème, on supporte avec conviction les étudiants freelance depuis le début, et encore plus ceux qui se lancent dans l'aventure entrepreneuriale. Cette fois-ci, c'est Nicolas, 33 ans diplômé de l'EDHEC, qui nous parle de sa start-up HEEK !





Nicolas Fayon

CEO @ HEEK


Je m’appelle Nicolas et j’ai 33 ans, certainement considéré comme un dinosaure par ceux qui nous lisent en ce moment. Mon parcours a commencé quand j’étais ado, j’avais envie de faire plein de choses de mes 10 doigts, et surtout de me payer des cartes de basket, donc j’ai commencé à créer des sites à cet âge-là, et à gagner de l’argent avec de la pub.

Plus tard, j’ai fait l’EDHEC Business School, dont je suis sorti en 2006, et qui m’a permi d’apprendre le marketing, la finance, la compta, et tout un tas de choses que je considérais comme pénibles à l’époque, mais qui me sont très utiles aujourd’hui.

J’ai fait quelques stages intéressants, dans la mode chez Jean-Paul Gaultier, dans le champagne chez G.H. Mumm. Puis j’ai finalement bossé dans l’édition pendant 2 ans, avant de rejoindre un projet de startup dans la musique et le big data : Noomiz, ou j’étais au marketing et à l’acquisition. Ensuite, j’ai monté ma propre startup, PageYourself avec une partie de l’équipe technique, puis nous avons pivoté pour créer Heek début 2016.




À l’origine, j’ai voulu me lancer dans l’entreprenariat pour plusieurs raisons. La première est que mes expériences passées m’ont montré les bons et les mauvais côtés de l’entreprise. Parmi les mauvais côtés, il y avait parfois l’absence de passion de certains coworkers, les embrouilles inutiles, le temps perdu à faire de la politique, le mauvais management... J’avais véritablement envie de créer une entreprise ou j’allais pouvoir tenter de laisser tout cela de côté.

La seconde est que j’avais envie de plus que le périmètre que l’on me donnait, je ne supportais pas de ne pas pouvoir améliorer certaines choses (du moins de mon point de vue), sous prétexte que ce n’était pas de mon ressort. J’avais vraiment besoin que ça dépote.


« Le premier chatbot créateur de site internet »


Ce qui me motive le plus aujourd’hui, c’est de voir que ce que l’on fait fonctionne, que ça améliore le quotidien de nos clients, et qu’il n’y avait absolument rien, pas un nom, pas un logo, pas un concept il y a encore un an et demi.







Notre projet s’appelle Heek, il a pour objectif de démocratiser la présence en ligne pour les petites et moyennes entreprises. Comment ? En proposant un éditeur de site doté d'une interface que tout le monde maîtrise sans même y avoir touché. C’est dans cet objectif que nous avons développé le premier chatbot créateur de site internet, directement sous les yeux de l’utilisateur. Il suffit simplement de savoir envoyer un message, suivre une discussion pour créer un site internet pro et optimisé. On en est arrivé là après avoir passé plusieurs mois à rencontrer notre audience, à aller les voir en arpentant les rues, à les appeler en cherchant sur les pages jaunes. On s’est rendus compte que la plupart rencontrait les mêmes difficultés quand il s’agissait de créer et gérer leur présence en ligne : manque de temps, de compétences, de budget.






On s’est alors demandés comment délivrer un niveau de service équivalent à une agence, à grande échelle, et bon marché. C’est là que l’idée de mettre l’intelligence artificielle au service de la création de site a germé.

Plusieurs personnes ont été clés dans le parcours de Heek, c’est d’ailleurs facile d’identifier les quelques personnes clés toujours présentes dans le projet, les board members en sont le meilleur exemple. En revanche, c’est très difficile de se souvenir de toutes les discussions marquantes avec les nombreuses personnes rencontrées, certaines ont provoqué des déclics décisifs pour le projet.

Des discussions peuvent tout changer, mais de bons livres aussi ! Lire un bon livre est aussi efficace qu’une masterclass avec une personne ultra compétente dans son domaine, certains livres sont de véritables pépites. On peut s’aider à scaler humainement et professionnellement, et en règle général, cela ne coûte qu’une vingtaine d’euros.

Les livres servent aussi à nous aiguiller sur des problématiques que d’autres personnes ont rencontrées. Mes problématiques d’aujourd’hui ne sont clairement pas les mêmes que celles d’hier. Elles évoluent avec le projet, mais aussi avec la maturité du porteur, ainsi que ce qu’il est capable d’encaisser. Ce que l’on peut encaisser après quelques années aurait certainement causé un bon gros burnout à l’époque.



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Notre problématique du moment par exemple est de supprimer toutes les petites frictions restantes dans le produit qui, accumulées, nous font encore perdre des utilisateurs. C’est très excitant car dès que l’on améliore une partie du process de création du site, on en voit l’impact immédiatement. Et à force, on finit par avoir des metrics de stickiness vraiment sympas.

Forts de ces metrics, nous allons bientôt pouvoir amorcer le prochain roadshow de levée de fonds en serie A. C’est mieux d’aller voir les VC quand on a de bonnes metrics :)







Si je pouvais donner quelques conseils aux étudiants qui nous lisent, je leur dirais de se lancer, de ne pas attendre d’être prêts car on est jamais préparés à ce que l’on va vivre. C’est plus difficile de se lancer dans l’entreprenariat quand on a une famille, une certaine stabilité. A 25 ans, on peut vivre d’amour et d’eau fraîche, et on a encore cette rage et cette fougue qui fait que l’on est capable de se surpasser.



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Avant cela, je leur recommande de créer un maximum de projets persos et pros. Pour cela, je trouve le concept de Crème de la crème très pertinent… Cela permet aux étudiants de gagner de l'expérience avant l'arrivée sur le marché du travail - ce qui peut faire la différence. De l'autre côté, cela permet aux entreprises d'avoir accès à des idées neuves, venant de jeunes gens motivés, qui peuvent, pourquoi pas, alimenter le vivier des prochaines recrues.

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