Yuka | Julie, 30 ans

Co-Fondateur
@Yuka
Voir le profil

J’ai 30 ans et j’ai travaillé dans des grosses structures pendant 5 ans avant de me lancer dans l’entrepreneuriat. Après un Bac ES et une classe prépa, j’ai intégré une école de commerce, l’EDHEC. En sortant d’école, j’ai choisi la voie du conseil un peu par défaut, parce que je n’avais aucune idée de ce que j’avais envie de faire. J’ai donc passé 5 ans à travailler pour de grosses entreprises, sur des sujets de relation client et de transformation digitale. Je n’avais jamais pensé monter ma boîte un jour : Yuka.



yuka-julie


Pourquoi as-tu voulu te lancer dans l’entrepreneuriat ?


Après 5 ans à travailler dans le conseil, j’avais de plus en plus de mal avec le manque de sens que je ressentais dans mon travail. J’ai donc commencé à chercher un autre travail mais j’avais beaucoup de mal à savoir ce qui plairait vraiment. A cette période, j’ai un ami, François, qui m’a proposé de participer un week-end à un hackathon avec son frère Benoit. Le hackathon était dédié au thème de l’alimentation et les deux garçons avaient déjà commencé depuis quelques semaines à murir une idée d’analyse des produits alimentaires.

Ce hackathon a été une vraie révélation ! Pour la 1ère fois, je me suis retrouvée à m’éclater tout en travaillant et en faisant quelque chose porteur de sens. Et puis, le déclic a aussi eu lieu pour l’équipe : on a adoré travailler tous les 3 et on s’est rendu compte qu’on était super complémentaires. On a gagné ce hackathon et c’est à partir de là que tout a vraiment démarré et qu’on a décidé de développer tous les trois ce projet.



yuka-julie


Ton projet


Le projet Yuka est parti du constat qu’on est nombreux à vouloir mieux manger… mais qu’il est très difficile de s’y retrouver dans la jungle alimentaire tellement les étiquettes des produits sont difficiles à déchiffrer ! C’est pourquoi on a créé une application mobile qui permet de décrypter les étiquettes : il suffit de scanner le code-barres du produit afin de connaître son impact sur la santé.

Pour cela, on se base sur 3 critères :

  • la qualité nutritionnelle

  • la présence d’additifs

  • la dimension biologique du produit.


Lorsque le produit est mauvais, l’application recommande alors en toute indépendance des produits similaires meilleurs pour la santé.



L’application a été lancée en janvier 2017 et a tout de suite connu un gros succès. En mars 2018, on a franchi les 2 millions d’utilisateurs ! On travaille maintenant sur le lancement de l’analyse des cosmétiques et produits d’hygiène, sujet sur lequel on reçoit beaucoup de demandes.

Pour l'instant, nous nous finançons grâce à notre Programme Nutrition. Il y a aussi sur notre site la possibilité de nous faire un don. Par ailleurs, on est en train développer des fonctionnalités supplémentaires "premium" qui seront payantes, et notamment l'analyse des cosmétiques et des produits d'hygiène corporelle.

Notre motivation, c’est de maximiser l’impact social de notre projet en améliorant la santé de chacun. Notre objectif est aussi qu’à travers une consommation plus éclairée, les utilisateurs encouragent les industriels à proposer de meilleurs produits.



yuka-julie


Tes rencontres clés / mentors / inspirations


Une première rencontre clé pour moi est Ticket for Change, un programme d’accompagnement d’entrepreneurs du changement, et en particulier Matthieu Dardaillon, l’un de ses fondateurs. Matthieu et l’équipe Ticket for Change font partie des premiers à nous avoir fait confiance sur ce projet. Ils nous ont beaucoup inspirés et aidés à prendre conscience de l’énorme impact social que pouvait avoir Yuka.

Parmi les autres personnes qui m’inspirent à titre plus personnel, il y a des femmes comme Marie Lefèvre (créatrice du groupe Facebook « Gestion budgétaire, entraide et minimalisme ») et Laetitia Nadji (créatrice de la chaîne Youtube « Le Corps La Maison L’esprit) qui m’ont beaucoup sensibilisée au minimalisme et qui ont complètement changé ma manière de consommer aujourd’hui.

Enfin, il y a aussi Lauren Bastide et son super podcast La Poudre qui donne la parole à des femmes inspirantes aux parcours variés.



yuka-julie


Tes problématiques en tant que jeune entrepreneur / Tes difficultés


Comme probablement de nombreux jeunes entrepreneurs, l’une des problématiques clés est le financement / le business model. Dans la mesure où Yuka est 100% indépendant et se refuse à travailler avec des marques ou des industriels de l’agroalimentaire, cette problématique est d’autant plus cruciale puisqu’il nous faut trouver un business model pérenne davantage basé sur le B2C. Pour trouver notre business model, on écoute nos utilisateurs, leurs besoins et leurs demandes.

Par exemple, de nombreux utilisateurs nous écrivaient pour nous demander comment ils pouvaient nous aider. On a donc fini par mettre en ligne un formulaire de don sur notre site. Résultat : on reçoit des dons tous les jours. On nous a aussi beaucoup demandé de pouvoir analyser les cosmétiques et produits d’hygiène : c’est pourquoi on va rajouter cette fonctionnalité, mais en mode payant.

On a perdu beaucoup de temps au début du projet à réfléchir au business model et à faire des projections financières. Or, le business model s’est progressivement construit avec l’avancée du projet de manière très naturelle.



yuka-julie




Comment vois-tu l’avenir de Yuka ?


A long terme, on voit vraiment Yuka comme une référence de l’information consommateur sur les produits. On envisage notamment la création d’un label.

Un autre enjeu important est l’internationalisation. Aujourd’hui, l’application est uniquement disponible en France mais nous avons pour projet d’ici quelques mois de la lancer dans d’autres pays.


Tes conseils pour les futurs entrepreneurs ?


Mon 1er conseil, c’est de ne pas passer trop de temps à théoriser un projet et le business model qui en découle, mais de passer à l’action le plus rapidement possible afin de tester et ajuster. Avec Yuka, on a passé trop de temps là-dessus et on a probablement perdu plusieurs mois.

Mon 2ème conseil, c’est d’oser. Même quand on est tout petit et qu’on n’a rien de très concret, parfois on a été très surpris du retour de certaines personnes qui nous ont tout de suite aidés et fait confiance.


Une conclusion


Les cours en école, ça peut être très intéressant, mais ça reste théorique. Alors, autant mettre à profit ces années d’études où on a quand même pas mal de temps libre pour développer de vraies compétences terrains en travaillant pour des projets super cool. Et puis ce sera un vrai plus sur le CV