HelloJam| Marjolaine, 28 ans

Co-fondatrice
@HelloJam
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Je m’appelle Marjolaine Grondin, je suis la cofondatrice et la CEO de Jam, le 1er média conversationnel dans Messenger. J’ai 28 ans.

J’ai étudié à Sciences Po et HEC, et passé un an à l’Université de Berkeley en Californie. Je crois que c’est l’air californien qui m’a insufflé l’envie d’entreprendre !


Pendant mes études, j’ai lancé plusieurs projets perso en parallèle, plutôt par curiosité qu’avec une idée précise en tête. Par exemple, j’ai pu donner un cours d’Histoire de l’Art à une classe d’étudiants lors de mon année à Berkeley, j’ai exposé quelques photos à la Commission Européenne... et surtout, je me suis associée avec un ingénieur, Loïc, pour créer une plateforme collaborative dédiée aux étudiants, pendant mon année de césure. Ça a été pour nous les prémisses de la création de notre boîte !



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1 - Pourquoi se lancer dans l'entrepreneuriat ?


J’ai plongé dans l'entrepreneuriat sans vraiment m’en rendre compte, sans penser cela comme une carrière ou même un projet professionnel. J’avais identifié un problème (le partage d’informations au sein d’un campus quand on est étudiant), et j’ai eu envie de mettre les mains dans le cambouis, créer quelque chose en partant de rien, juste une idée, pour tenter de résoudre le problème !

Ce qui m’a motivée c’est vraiment cette liberté de création, de pouvoir (et devoir) toujours être imaginatif, d’inventer quelque chose qui n’existe pas. C’est aussi ce qui me motive aujourd’hui... et plein d’autres choses que j’ai découvertes : construire une équipe, faire connaître son projet, faire grandir son idée, résoudre des problèmes, convaincre et fédérer... c’est un immense terrain de jeu, qu’on construit en équipe tous les jours.


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2 - Ton projet


Jam est né sur les bancs de l’école, au départ pour aider les étudiants dans leur vie quotidienne. Notre première idée a été de créer une plateforme qui leur permettait de se partager des bons plans en toute confiance, au sein de l’école. Après 2 ans de travail (de sueur, de cafés, de lignes de code, de mock-ups...), nous avons pivoté car il était très difficile de faire grandir le modèle. L’adoption était trop lente, notre produit ne résolvait pas assez bien le problème, et d’autres solutions s’étaient développées en parallèle. En discutant avec nos utilisateurs, nous avons découvert, justement, que c’est en échangeant directement avec eux, que l’on pouvait résoudre leurs problèmes et les aider. C’est comme ça qu’est né Jam : autour d’une table, puis en échangeant par email avec nos utilisateurs, puis par SMS, et enfin par Messenger.

Quelques mois après le pivot, nous avons levé 1 million d’euros (nous avions levé 300 000€ auprès de Business Angels avant le pivot) auprès du fonds ISAI et de Business Angels, et nous avons accéléré notre développement. 1 an plus tard, nous avons lancé Jam tel qu’il existe aujourd’hui : 100% messenger, 100% automatisé (et non plus mi-humain mi-IA comme nous avons commencé).

Aujourd’hui, Jam discute avec près de 400 000 personnes, et échange une dizaine de messages par seconde. Notre modèle est complètement gratuit pour nos utilisateurs, et nous nous rémunérons notamment grâce à une activité de sondages (nous menons des petites enquêtes auprès de notre communauté, qui donne son avis sur des sujets de société, des services, des marques etc.). Nous faisons aussi des partenariats avec des marques ou des médias, par exemple sous forme de jeux concours, de relai d’évènements...


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3 - Tes rencontres clés et mentor ?


La rencontre clé... c’est notamment celle avec Loïc, mon associé ! On s’est rencontrés sur Skype, à la suite d’une intro par un ami ingénieur de Loïc, que j’avais rencontré à un évènement d’étudiants entrepreneurs. Le courant est tout de suite passé, et on a commencé à bosser ensemble dès mon retour à Paris.
 Une autre rencontre clé a été Alexandre Dana, un autre étudiant entrepreneur à l’époque, et mon meilleur ami aujourd’hui (on dit encore « meilleur ami » à 28 ans ?). Il a cofondé LiveMentor, la 1ère école en ligne pour entrepreneurs, et on s’est beaucoup entraidés, challengés, on confronte nos idées... c’est à mon sens vraiment important de s’entourer de gens qui traversent les mêmes choses, qui ont la même passion que soi. C’est très différent du simple « réseau » d’avoir de vrais amis sur qui compter !





Je pense aussi à Sophie Pellat, notre mentor lors de notre passage au NUMA, qui a su être un mentor à la fois de Jam, mais aussi de ses fondateurs. Elle nous a posé les bonnes questions au bon moment, n’a pas cherché la facilité et nous a vraiment aidé lors des moments difficiles. C’est précieux de pouvoir recevoir des partages d’expériences de la part de mentors bienveillants et expérimentés.

Je m’inspire aussi beaucoup de lectures, de vidéos, d’articles, d’essais... à la fois sur les startups, mais aussi sur la transformation du travail, le management, le recrutement, et les sujets clés pour Jam aujourd’hui : les médias, les chatbot, les nouvelles interfaces... L’un des avantages d’avoir une boîte comme Jam est qu’être curieux et se nourrir de plein de choses est une obligation au quotidien ;)



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4 - Les problématiques rencontrées en tant que jeune entrepreneur


On peut penser que c’est plus difficile de se lancer quand on est jeune, car on a peu d’expérience, peu de moyens... mais on peut le voir autrement !
 Entreprendre, c’est difficile dans tous les cas. Il n’y a pas de moment parfait, pas de moment facile. Le manque d’expérience peut offrir justement une certaine liberté d’imagination, on ne sait pas exactement ce qui est possible ou non donc on teste, on fait... Le manque de moyen enlève le risque de tout perdre - basique (simple) mais vrai :) Et on apprend énormément lorsqu’on se lance et qu’on gère un projet soi-même.


J’ai plus appris avec ma boîte qu’au sein de n’importe quelle école.

Les difficultés que j’ai eues (et que j’ai encore) sont liées à plein de facteurs différents, mais je n’ai pas le sentiment qu’elles soient liées à mon âge ou à mon statut, quel qu’il soit. 
Le manque d’expérience, on le surmonte en mettant la main à la pâte, le manque de fonds, on le surmonte en étant malin et en se concentrant sur ce qui crée le plus de valeur. Les fonds par exemple, doivent à mon sens servir à accélérer un projet qui marche déjà, et non à faire décoller un projet. Mettre du budget marketing pour tenter de faire adopter un service, c’est super dangereux tant qu’on n’a pas validé que le projet correspondait à un réel besoin (le fameux « produit/market fit ») !

Le manque d’expérience se surmonte en avançant, en lisant, en échangeant avec d’autres : il y a plus de lectures, d’évènements, de formations... que l’on ne pourra suivre aujourd’hui ! L’info est là, le plus dur n’est pas d’y accéder mais de la sélectionner.



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5 - Le futur de Jam


Notre ambition avec Jam est de développer notre média conversationnel le plus loin possible : un mélange de tech et de contenu, pour offrir une expérience complètement nouvelle du média. Un média inspirant, personnalisé, avec une vraie tonalité, qui se construit et s’affine à mesure que l’on échange avec lui. Nous travaillons tous les jours à faire de Jam le point d’accès naturel à de l’info pertinente, des bons plans, des idées... on y parle d’actu, de recettes de cuisine, de développement personnel, culture G, sorties, etc.
Dans les 3 prochains mois, nous visons 1 million d’utilisateurs, et la rentabilité - on y est presque ;)



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6 - Tes conseils


J’ai lu une phrase aujourd’hui :


« ce n’est pas en étant motivé qu’on agit, mais en agissant qu’on se motive ! »

Bon c’était mieux dit, mais l’idée est là. La motivation vient en faisant, et le reste aussi : l’expérience, la résilience, l’ambition, la vision... On a tendance à croire qu’on doit porter tout ça en nous pour se lancer, mais je suis convaincue que c’est faux. Ça peut paraître hyper vertigineux de se demander « est-ce que j’ai ce qu’il faut pour emmener loin un projet, pour recruter des gens, lever des fonds, surmonter les difficultés... ? » On ne peut pas imaginer tout cela tant qu’on n’est pas lancé. Je suis vraiment convaincue que l’énergie vient en faisant, tout comme on avance d’un coup de quelques mètres en donnant un petit coup de pédale. Il faut donner le 1er coup, mais le vélo nous emporte et fait le reste. Sans coup de pédale (même petit) en revanche, il ne se passe rien. Il faut se bouger pour se donner un petit kick de départ, et les choses se mettent en route !

Aussi je dirais qu’il ne faut pas trop se poser la question en termes de « création d’entreprise », de « rentabilité », de « modèle »... mais plutôt identifier un vrai problème, faire le point sur ce qu’on aime et ce en quoi on est bon, et ensuite, une fois la machine en route, créer un modèle soutenable et pérenne. Pas avant. Sinon on se lance pour les mauvaises raisons, ou on fait des plans sur la comète, on joue aux médiums avec des business plans alambiqués, on se concentre sur tout l’autour mais qui n’a pas de valeur concrète pour nos clients ou utilisateurs. D’abord le problème en tant que tel, la cible, la solution, votre plaisir... et après la structure !





J’ai suivi l’aventure Crème de la Crème dès ses débuts avec beaucoup d’attention, parce que je pense que la plateforme répond à un changement profond du monde du travail, des ambitions de notre génération mais aussi des besoins des entreprises. Je pense que c’est une opportunité géniale pour les étudiants : plutôt que d’attendre un stage et de miser sur une (ou quelques) expériences professionnelles, on peut en parallèle de ses études collaborer sur des missions différentes avec des entreprises variées, et découvrir ce qui nous fait vibrer, là où on est bons, faire ses premières armes, apprendre à gérer ses premiers clients, constituer son réseau petit-à- petit, et financer ses études (ou ses vacances 🌴). Pour moi, être étudiant et avoir une activité de freelance en parallèle est la meilleure voie pour se préparer à sa vie professionnelle : qu’on devienne créateur d’entreprise, qu’on rejoigne une société, ou qu’on se lance à 100% en tant que freelance.
 D’ailleurs chez Jam, on adore recruter via Crème de la Crème 😉