Le Venture Capital : Nouvelles opportunités pour les startups ?

ESSEC Business School
Etudiant
Voir le profil

Le Venture Capital (ou « Capital risque ») repose sur un principe simple : investir (De façon minoritaire) dans des entreprises non cotées pour réaliser une plus-value subséquente au moment de la revente. Ce qui le distingue du Private Equity, ce sont les caractéristiques des entreprises concernées (Leurs tailles, leurs types), les outils utilisés lors de l’investissement ainsi que l’ampleur de ce dernier.



Le Taux de Rentabilité Interne moyen des acteurs du capital investissement est de 10,1%/an depuis 1987 en France, soit une performance nette deux fois supérieure à la progression moyenne des indices du CAC 40. En France, 1900 entreprises (PME et ETI) ont bénéficié des apports de fonds d’investissements (Venture Capital et Private Equity) en 2017.



venture-capital-opprotunites-startups

1 - Quel est le rôle du Venture Capital ?


Contrairement aux Etats-Unis, le capital-risque a émergé en France sous l’impulsion des pouvoirs publics. Il a pour fonction de :


donner de la valeur, supporter financièrement et apporter une expertise aux compagnies technologiques, dont l’essentiel du potentiel est immatériel et se traduit par des connaissances, des idées, des algorithmes.

Le risque est plus élevé du fait de l’absence de garanties matérielles mais également d’une compétition intense sur le marché des innovations technologiques.

Concrètement, cela se traduit par quelques grandes étapes. Tout d’abord, le fonds lève des fonds auprès de grosses entreprises ou d’investisseurs institutionnels. Puis, il va placer les fonds levés dans différentes start-ups (Sur cent projets étudiés, 10 seront financés, 1 connaîtra le vrai succès). La « Power Law » est induite : sur l’ensemble des start-ups sur lesquelles « misent » les fonds de Venture Capital, une seule parviendra à se développer et engagera autant de retours financiers que l’ensemble des startups derrière elle. À la fin de la période, le fond fait un retour sur investissement par revente ou par IPO2.

Les différents investissements, qui peuvent aller de quelques dizaines de milliers à plusieurs centaines de millions d’euros, viennent à la fois supporter des projets innovants et assurer un retour sur investissements intéressant pour les fonds et leurs clients. Parmi les fonds les plus actifs figurent celui de Xavier Niel, « Kima Venture » et Xange Private Equity (Racheté par le fonds d’investissement Siparex), qui s’est offert les startups de la Fintech Lydia et KissKissBankBank.



venture-capital-opprotunites-startups


2 - Quelles sont les tendances actuelles ?


Les fonds de Venture Capital doivent donc flairer les prochaines grosses tendances technologiques. Les technologies du développement durable font inévitablement partie des fortes tendances d’investissement des fonds de Capital-Risque. Cette intuition est confirmée par le phénomène de l’« Impact Investing », dont la particularité est la suivante : seuls les projets proposant une dimension sociale et environnementale sont acceptés dans les portefeuilles des fonds. Déjà en 2012, XAnge était l’un des premiers fonds à avoir financé « La ruche qui dit oui » (Entreprise de vente en ligne des récoltes des producteurs directement aux consommateurs sur des points de vente éphémères).



Je suis freelance, je veux travailler sur de nouveaux projets pré-sélectionnés par nos équipes


A cela s’ajoute l’intérêt des entreprises pour l’intelligence artificielle. L’année dernière, Alven Capital (Fonds de VC français) a lancé un fonds de 250 millions d’euros destiné aux entreprises spécialisés dans l’intelligence artificielle, la gestion de données et la cybersécurité et, en somme, les entreprises qui désintermédient un métier (Comme Drivy avec la location automobile).

Les Fintechs sont également des investissements potentiellement rémunérateurs pour les fonds, à l’image de Revolut, banque digitale d’origine britannique fondée en 2014 ayant investi le marché français et revendiquant 1,5 million d’utilisateurs. Cette « startup » - devenue grande avec 300 employés en 2017 – propose des solutions bancaires conçues pour des paiements en devises étrangères sans frais. Elle a notamment pu fonder sa stratégie de développement sur des levées de fonds pour un total de 66 Millions auprès d’investisseurs institutionnels britanniques.



venture-capital-opprotunites-startups


3 - Quelles opportunités pour les start-ups ?


Il existe plusieurs niveaux de développement de startup, qui sont pris en considération par les fonds de Venture Capital au moment de l’investissement. On parle, plus techniquement, de trois états majeurs :

  • « Seed » (« Graine » en anglais) : de petits montants sont alloués aux entreprises en phase d’« Early development »

  • Série A, une fois que l’apport en capital a été assuré à une entreprise au rang « Seed ». La valorisation à ce stade se fait en fonction de l’évolution et des progrès réalisés avec les capitaux apportés en Seed. Ici, on développe un business model de long terme.

  • Série B, une fois que la phase de développement est terminée. On y développe les moyens d’agrandir l’angle d’attaque sur les marchés.

Au moment de son lancement, une entreprise a besoin de fonds nécessaires pour financer sa recherche ou engager l’élaboration de prototypes ou de préséries. Cette étape, appelée l’« amorçage », se caractérise indubitablement par un risque important pour les investisseurs. L’entrée au capital se fait après une étude de la stratégie de développement de l’entreprise et la durée avant revente se trouve dans une fourchette de 4-7ans. A cet apport financier non-négligeable pour les jeunes pousses s’ajoutent les compétences, le réseau et l’expérience des capital-risqueurs, soit autant d’éléments-supports pour le développement de projet.

En contrepartie, la présence au capital des investisseurs induit inévitablement la perte d’une partie du contrôle de la société et des choix décisionnels. Le choix des investisseurs doit par conséquent être mûrement réfléchi en amont, pour limiter le risquer de désaccord entre les différentes parties. L’objectif n’est pas d’avoir la meilleure valorisation, mais de trouver un fond qui partage la même vision sur un projet. De la même manière, la façon dont travaille une équipe est LA chose qui compte aux yeux des investisseurs. Le projet peut évoluer et s’adapter aux nécessités du marché grâce à une équipe cohérente, efficace et ouverte.

Il y a quelques années, Id-Invest a su voir dans Critéo deux choses qui fondent le succès que nous connaissons tous : un business model innovant et une équipe à la fois performante, cohérente, dynamique et complémentaire. Cela a également beaucoup joué sur l’efficacité durant les différentes réunions du conseil d’administration.



Par conséquent, vous, jeune start-up, pouvez voir dans cette alternative de financement une réelle opportunité de développement. Attention toutefois aux contreparties et engagements que cela implique.