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“Tant que les missions résonnent avec mes valeurs, peu importe le type de contrat”

Crème de la crème a évolué. Quand j’ai fondé cette entreprise, j’étais loin de m’imaginer qu’un jour je permettrai à des personnes de vivre de nouvelles expériences humaines et professionnelles.
Aujourd’hui, j’ai envie de faire parler les visages de crème de la crème, nos freelances en mission.

J’ai posé quelques questions à Anthony Robles, alors qu’il s’apprêtait à démarrer une mission de 6 mois en tant que chef de projet IT.


Tu as quitté un poste en CDI et tu es désormais depuis peu freelance. Tu as occupé 4 postes au cours des 7 années passées dans ton ancienne boîte, Eurostar, notamment celui de “Senior Product Manager”. À quelques jours de ta première mission en freelance, qui durera 6 mois au sein des Restos du Cœur, comment tu te sens ?

J’ai hâte de commencer ce nouveau job, et de rencontrer les équipes ! C’est une grande première pour moi et je ne compte pas faire de différence entre mon statut de salarié chez Eurostar et celui de freelance chez les Restos du Cœur. Je n’envisage pas de me comporter différemment des autres, mais d’être une partie intégrante de l’association.

D’ailleurs, quand j’ai postulé à la mission, je me suis également inscrit en tant que bénévole, car je voulais vraiment comprendre ce que c’était au quotidien de faire partie des équipes sur le terrain, voir plus loin que mon rôle, et entrer en contact avec des sans-abris et autres personnes accueillies.

 

Le format CDI était trop contraignant pour toi ou c’est simplement une opportunité que tu as saisie ?

C’est une pure opportunité. Je n’avais pas spécifiquement prévu de devenir freelance, et j’aurais accepté cette même mission en CDI sans problème.

J’ai décidé de déménager à Paris quelques mois après avoir démissionné d’Eurostar, signant la fin d’une vie de 7 ans à Londres. Les modalités d’une mission en tant que freelance me permettent de voir si je vais m’habituer à la vie Parisienne. De plus, cette mission avec les Restos du Cœur s’effectue pendant 4 jours par semaine, ce qui me permet de me réserver du temps pour mes projets personnels en travaillant du lundi au jeudi. C’est un plus indéniable.

 

À la fin de ta mission, pour le moment, rien de prévu, aucune obligation contractuelle. Comme on dit en NBA, tu es free-agent. C’est cette liberté que tu recherches en étant freelance ?

Entre autres. Au-delà du fait que la mission ait été pour moi une opportunité, le format qu’apportent les missions freelances me laisse choisir mes combats, sans que l’on ne m’impose le “champ de bataille”.

Ce que je recherche avant tout dans ma vie professionnelle, c’est de pouvoir travailler au sein d’une entreprise, tout en pesant sur ses décisions stratégiques. En opposition à un poste dans le conseil, où tu es souvent “piloté” par ton employeur, qui te pointe du doigt les missions à réaliser.

 

Tu penses un jour revenir au salariat ou c’est terminé pour toi ?

Tant que les missions que je mène résonnent avec mes valeurs, peu importe le type de contrat. Ce qui m’importe, c’est d’avoir un travail qui impacte ma vie personnelle. J’en parle souvent avec mes amis, et leurs opinions varient à ce sujet, et pour certains, leur vie professionnelle s’arrête à la sortie de leur bureau.

J’aime pouvoir faire ce que je veux, et choisir la manière de laquelle je le fais. Mon cauchemar, c’est de travailler pour un cabinet et qu’on me dise « voilà ta mission ».

 

Qu’est-ce qu’en pense ton entourage ?

C’est assez difficile à dire. La question qui revient le plus souvent c’est « Et qu’est-ce que tu vas faire dans 6 mois Anthony ? ». Mais globalement, mes amis admirent beaucoup le combat que mènent les Restos du Cœur, et sont très contents pour moi.

De mon point de vue, les entreprises s’habituent à recruter des freelances au sein de leurs équipes, cela commence à rentrer dans les mœurs. Aux Etats-Unis, environ 1/3 de la population occupe déjà un poste de freelance. Cela devient de plus en plus une normalité.

 

J’entends beaucoup dire que ce qui rebute les gens à devenir freelance c’est la difficulté à emprunter auprès des banques. C’est vrai ? C’est quelque chose qui te fait peur ?

Pour être honnête, je suis actuellement à un stade de ma vie où je ne me pose pas (encore) ces questions. J’ai aussi travaillé pendant 8 ans, j’ai donc pu mettre de l’argent de côté.

Personnellement, je pense que les banques sont en train de s’adapter. Quand on voit les évolutions du marché de l’emploi, les changements de comportements en entreprise, les nouvelles banques en ligne, on sent que c’est en train de bouger. Tout le monde va devoir s’adapter à ce changement de paradigme.

 

Les gens ont du mal à comprendre le phénomène du freelancing. Ils sont perdus, et ça peut se comprendre, avec les nombreux sujets d’actualités qui surgissent autour des chauffeurs, livreurs et autres professions éligibles à un statut de type micro-entreprise.

Ces faits divers font beaucoup de bruit et étouffent une autre réalité, celle qui pousse de nombreuses sociétés à travailler avec des passionnés experts qui ont décidé d’entreprendre. Dans ta situation actuelle, comment tu décryptes notre époque ?

Je pense qu’il y a deux types de freelances. D’un côté, il y a les petites missions type “Uber”, peu rémunérées, où tu vas devoir en faire en grande quantité pour gagner normalement ta vie. De l’autre côté, il y a les missions freelance en entreprise, généralement plus longues et plus rémunératrices en fonction de ton expertise. Je suis moi-même dans ce deuxième cas de figure.

A ce niveau, le marché du travail évolue positivement, et je l’ai observé chez Eurostar : on a embauché beaucoup de freelances, sur des sujets qui vont du Marketing au développement Web.

 

Quid de la marque employeur et du rôle des RH vis-à-vis des freelances ?

Ce qui est pour moi très important c’est la manière dont une entreprise appréhende les freelances qu’elle recrute. Chez Eurostar, quand j’étais salarié, on avait des évènements en interne type “Christmas Party” et autres. À ton arrivée, on te montrait les centres d’appels, le dépôt des trains, tu allais en gare derrière les comptoirs : c’est un véritable passage de l’autre côté du rideau.

Quand tu es freelance, on ne te présente pas l’entreprise de cette façon-là. Dans tous les évènements internes, les freelances n’étaient jamais invités. Ils n’avaient pas de profil dans l’intranet. Pas d’avantages non plus (ici des billets Londres — Paris gratuits). Au-delà de ces avantages, il y a un décalage qui se fait et tu peux te sentir détaché de l’entreprise. Ça se ressent dans les meetings, mais aussi dans les relations au quotidien et la motivation.

Si les entreprises veulent compter sur des freelances de façon pérenne, il faudra selon moi les appréhender d’une manière différente.

Merci Anthony ! 

Si vous souhaitez faire un don à l’Association des Restos du Coeur simplement par sms, cliquez ici 🙂

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